Les traditions des fêtes au Canada(1)

Même si les festivités et traditions des fêtes ressemblent beaucoup à celles célébrées aux USA ou même dans d’autres pays anglophones, la mosaïque culturelle canadienne y apporte quelques us et coutumes spécifiques à chaque province.

Le sapin tout d’abord ou l’arbre de Noël comme disent les francophones. Il trône majestueux au milieu du salon, souvent haut de plus de 1 m 80, devant la fenêtre si possible pour que tout le monde en profite. Il scintille de mille feux et est mis en place, comme je l’ai déjà dit, dès le lendemain d’Halloween dans beaucoup de maisonnées. Souvent artificiel, la tradition d’aller couper son propre sapin dans la forêt perdure toujours à la campagne, mais il est conseillé aujourd’hui d’aller l’acheter dans les  Christmas Tree Farms, le Canada faisant partie des gros producteurs de sapins de Noel. Il faut dire que les gens n’hésitent pas à en mettre plusieurs, dans le jardin, dans la chambre des enfants et  dans l’entrée.

Aussi important que le sapin, sont les couronnes de l’avent et les décorations extérieures. On trouve la couronne quasiment sur toutes les portes des maisons.

Chaque ville propose sa parade de Noël, généralement début décembre,  avec des défilés et chars de chaque club, association et l’arrivée de Santa. Celle de Toronto est particulièrement importante et connue dans tout le pays. A Terre Neuve, il existe la tradition des Mummers, les gens se déguisent et portent un masque et vont défiler dans les rues en faisant du bruit et faisant tinter des cloches. Ils frappent aux portes en demandant des bonbons, si on reconnait la personne déguisée, alors elle doit cesser de faire du bruit. Une tradition similaire existe en Nouvelle Ecosse apportée par les immigrants allemands au 18eme siècle. Les Inuits des territoires du Nord, célèbrent également le solstice d’hiver en échangeant des cadeaux, dansant ou mangeant du caribou, phoques ou poisson cru.

C’est certainement Québec city  qui fait  partie des villes les plus féériques pendant les fêtes de Noël. Impossible cette année, pour les touristes de s’y rendre malheureusement. Ballades en traineaux dans la vieille ville, marchés de Noël, illuminations, chants de Noël dans les rues par des artistes, le tout sous la neige et le froid, un vrai Noël, quoi !

Depuis 1985, un évènement télévisé et national, IllumiNATION, ou le festival des lumières, se déroule pendant 15 jours à travers le pays, dont le  but, à l’origine,  était de   fédérer les différentes provinces. Des évènements musicaux, culinaires, artistiques   ont lieu dans tout le pays pour faire découvrir les «  bright lights » du pays(les étoiles montantes). Cette année, c’est la chanteuse acadienne,  Lisa Leblanc, qui sera l’ambassadrice du NB. (Pour la petite histoire, elle était scolarisée, il y a quelques années à l’école des enfants…) A Toronto, ce sera le couple de patineurs artistiques, champions nationaux,  à Montréal la chanteuse Annie Villeneuve, à Halifax, la fête aura lieu sur un voilier dans le port, chaque province et territoire aura son ambassadeur.

La suite des traditions, la semaine prochaine…                                   

Les fêtes et les congés de Noël se font attendre, certes,  mais l’hiver aussi. Hier, samedi,  sur la plage de Shédiac, l’eau n’est toujours pas congelée !

Le roi de la pomme de terre, c’est…

McCain!!

Pour rester dans la renommée internationale du Nouveau Brunswick et du Canada atlantique, voici une des fiertés de la réussite économique du Nouveau Brunswick. Eh oui, les frites et potatoes Mc Cain viennent d’ici !  L’entreprise néo-brunswickoise est le premier producteur mondial de frites surgelées, présent dans 160 pays,  rien que ça ! Avec la famille Irving, premier distributeur de carburant et de gaz au Canada Atlantique, également présent aux USA et en Irlande  et dans bien d’autres secteurs, la famille McCain représente une manne et moteur économique importants. L’usine mère est située au Nord de la province sur les berges de la rivière St John, la deuxième plus grande rivière de l’est de l’Amérique du Nord après le Saint Laurent.

Les frères McCain, fils, petit-fils et arrière-petit-fils d’agriculteurs et producteurs de pommes de terre,  créent en 1956, l’entreprise McCain Foods limited à Florenceville-Bristol, appelée aujourd’hui, la capitale mondiale de la frite,  non loin de la frontière avec le Québec et le Maine. Ils inventent le procédé de surgélation de la pomme de terre frite. Elle emploie aujourd’hui plus de 20 000 personnes à travers le monde et détient 55 usines sur tous les continents, sauf en Afrique.

Le siège européen se situe à Villeneuve-d’Ascq à côté de Lille.

La prochaine fois que vous mangerez des produits congelés McCain, vous penserez à moi  et au Nouveau-Brunswick, si peu connu en France et pourtant qui se retrouve souvent dans nos assiettes, avec le homard, le sirop d’érable et les frites ! 🙂

Anne of the Green Gables

Restons dans le domaine de la littérature avec un autre roman ayant aussi une renommée internationale : Anne of the Green Gables, en français Anne… la Maison aux Pignons Verts traduit dans plus de 38 langues et vendu en plus de 50 millions d’exemplaires depuis 1907 ! Peu connue en France, l’histoire de cette petite rouquine orpheline de 11 ans qui arrive dans une ferme de l’île du Prince Edouard, province voisine du Nouveau Brunswick, vient de faire son apparition sur Netflix en France. Les 3 tomes relatent les aventures d’Anne « avec un « e », comme l’héroïne aime le rappeler dans le décor enchanteur de l’IPE. Une fillette précoce à l’esprit vif  dont les péripéties font penser à notre « Fifi Brin d’Acier » ou « Alice au pays de merveilles ». Aujourd’hui encore, des touristes du monde entier viennent visiter la maison de l’auteur  Lucy Maud Montgomery et les lieux mentionnés dans le roman. Pour la petite histoire, lors de mon séjour à l’Ile du Prince Edouard en 1986( !) avec ma famille d’accueil américaine du Vermont, j’avais ramené dans mes valises la série complète que j’ai ressortie cet été, un peu jaunie, mais dont j’ai repris la lecture avec plaisir!

La BBC a classé en 2003 cette œuvre parmi les 50 livres les plus lus de tous les temps, avec Gatsby le Magnifique et la ferme aux Animaux.

Plus sérieusement, cette semaine, dans mon école, j’ai démantelé un réseau de trafic de Marijuana chez mes élèves de 4eme ! La principale a trouvé 9 élèves détenant sur eux et ayant consommé dès le matin 8 heures des substances consommables à base de cannabis, après lui avoir signalé avoir observé des comportements étranges à la récré et vu des élèves échanger une substance suspicieuse dans du papier aluminium au nez et à la barbe des enseignants de surveillance ce jour-là ! Une vingtaine d’élèves seraient impliqués (il y a une cinquantaine de 4eme). Pas de gros caïds de la drogue, mais des jeunes, surprotégés et gâtés pour beaucoup, pensant que c’est « cool « de se montrer avec de la drogue et n’ayant aucune idée des conséquences de leurs actes ni des lois en vigueur ! Ici l’utilisation et la vente des drogues récréatives (pas terrible comme appellation je trouve !) sont contrôlées par le gouvernement et interdites aux jeunes de moins de 19 ans. Dans ces communautés rurales du nord de l’Amérique, ou la religion et les codes de la culture anglophone de cacher plutôt que de dire ont encore beaucoup d’influence, il y a beaucoup à faire pour éduquer! Toute l’équipe de professeurs et l’équipe de direction vont redoubler d’efforts pour s’assurer qu’un message fort sera envoyé aux élèves. Affaire à suivre !

La côte acadienne encore bien agréable ce 29 novembre, alors qu’une grande partie du Canada est déjà sous la neige!

Au pays de la Sagouine.

Avec le homard et les rochers Hopewell, le Nouveau Brunswick est également connu internationalement pour son auteure acadienne, Antonine Maillet et sa célèbre pièce de théâtre la Sagouine. Originaire du petit village de Bouctouche, connu aussi pour sa longue dune de sable, cette enseignante devenue écrivaine a reçu de nombreux prix littéraires, dont le Goncourt en 1979.

La Sagouine est une pièce de théâtre écrite en 1971 mettant en scène une Acadienne de 72 ans, blanchisseuse de métier, fille et femme de pêcheur, qui livre ses réflexions sur les hauts et les bas de la vie dans son petit village de Bouctouche. À travers ses monologues souvent comiques, parfois poignants, elle porte un regard avisé sur les gens de son coin de pays. La Sagouine est devenue, au fil du temps, un véritable symbole de l’identité acadienne. Pour créer ce personnage fascinant, Antonine Maillet, lauréate du prix Goncourt en 1979 pour son roman Pélagie-la-Charette, s’est inspirée de plusieurs femmes de son entourage. Viola Léger, première comédienne à avoir interprété ce personnage, l’a joué plus de 2000 fois en français et en anglais, au Canada, aux États-Unis et en Europe.

Aujourd’hui, il existe à Bouctouche un musée à ciel ouvert, sur une petite île au milieu de la baie,  le Pays de la Sagouine qui présente l’été des pièces de théâtre, les traditions et le folklore acadien.

Pour la petite histoire, Antonine Maillet vit aujourd’hui à Montréal, elle est âgée de 93 ans et cet été, elle a vendu sa maison, son beach cottage comme on dit ici (plutôt une belle maison avec piscine…), au bord de l’eau à Bouctouche à une famille d’élèves de mon école, des anglophones ayant finalement peu de liens avec l’histoire acadienne. Je trouve cela plutôt symbolique de voir que les deux cultures puissent se réunir dans cette maison, les relations étant parfois tellement distendues entre les deux communautés…

Allez, un petit extrait de cette pièce de théâtre de renommée internationale, accrochez-vous, le français est bien caché dans la langue chiac de par ici ! Moi, je comprends même mieux en anglais, pour vous dire…

Toujours pas de neige en vue, quelques centimètres jeudi soir, mais le soleil a tout fait fondre vendredi ! Les décorations de Noël sont déjà bien en place, certains installent le sapin de Noel dès le lendemain d’Halloween! On ne lésine pas sur les décorations extérieures, non plus !

Encore de belles couleurs ce dimanche sur la plage de Shédiac, quelques degrés dans l’air, mais encore agréable…

Pourquoi le Canada gère -t-il bien la crise sanitaire?

Je devrais plutôt dire le Canada atlantique qui comprend le NB, la Nouvelle Ecosse, l’île du Prince Edouard et Terre Neuve et Labrador, car la situation est vraiment différente d’une province à l’autre et les restrictions aussi. Mais dans l’ensemble, pour une population de 35 millions d’habitants, les chiffres ne sont pas si élevés que cela. Depuis mars, on comptabilise environ 300 000 cas et quelque 10 000 décès dans tout le Canada. Mais les chiffres diffèrent beaucoup d’une province à l’autre. Les provinces atlantiques font bonne figure, environ 300 cas ici et 6 décès, des personnes âgées de plus de 80 ans. Ici la chloroquine est utilisée depuis le début de la pandémie. Québec est vraiment le mauvais élève la moitié des cas du Canada se situe dans la province du Québec avec des taux élevés à Montréal. Les gens d’ici disent que les Québécois ne sont pas disciplinés et ne respectent rien…Tiens, tiens !! Plus de 1000 établissements scolaires sont fermés et le premier ministre parle d’allonger les vacances de Noël et de rattraper les cours en juin et juillet.

Je suis un peu plus surprise des  faibles taux de la Nouvelle Ecosse, qui avait eu un nombre de cas plus élevé en mars et avril et qui maintenant comptabilise quelques cas occasionnels comme ici, alors que Halifax est un des ports les plus grands du monde et que l’aéroport est aussi important. Il y a aussi près d’un million d’habitants dans cette province…Bref, de quoi perdre son latin avec tous ces chiffres.

 Plusieurs raisons expliquent ses taux. Alors que la médecin  hygiéniste en chef (notre ministre de la santé) en mars annonçait qu’il y aurait des milliers de morts au NB, ( ah, la manipulation par la peur, fait toujours son effet…), c’est surtout la faible densité et l’absence de grandes agglomérations, ainsi que la quatorzaine toujours en vigueur et la fermeture des frontières avec le Québec et les USA qui ont permis de tenir le virus à distance. C’est aussi certainement le bon respect des consignes sanitaires en général. Ici on ne parle pas de dénonciation entre voisins, mais de surveillance mutuelle du voisinage, le « neighbourhood watch ».  Ce qui m’interroge maintenant c’est que des bruits  commencent à circuler que nous allons reprendre un rythme scolaire normal à partir de janvier, c’est-à-dire que les lycéens reprendraient à temps complet et que les restrictions sanitaires dans les écoles et collèges seraient levées. Tout cela pour 4 mois seulement ? Et cela veut dire que l’épidémie serait terminée ici ? La suite au prochain numéro…

En attendant, nous avons eu une semaine très douce, avec des records de température, 22 °C ce mercredi 11 novembre ! Mais, ça y est les températures descendent peu à peu. Je ne pense pas cependant que nous ayons beaucoup de neige avant Noël.

La plage Kelly dans le parc Kouchibouguac

Un cercle de partage autochtone.

Ce vendredi était invitée à mon école Dona Augustine ou Thunderbird Turtle woman, une « elder » ( ainée qu’ on pourrait même traduire par un sage), pour initier les collégiens aux traditions des Premières Nations et plus particulièrement de la communauté Mi’kmaqs, dont j’ai déjà parlée et qui habitaient sur les terres du sud du Nouveau Brunswick avant l’arrivée de colons.

Depuis la loi sur la Vérité et la Réconciliation de 1994(seulement!), le gouvernement met tout en œuvre pour valoriser l’histoire, la culture et les traditions des communautés autochtones à travers le pays. De nombreuses organisations militent dans ce sens, et des avantages sociaux, éducatifs, politiques sont offerts. Cet acte reconnaît que les aînés autochtones portent en eux la sagesse qui reliait leurs peuples à l’ensemble de la création depuis que le Créateur les a placés sur l’Île aux tortues, le nord des USA et cette partie du Canada. Il reconnaît aussi que les aînés ont une compréhension privilégiée de notre mère la Terre, laquelle constitue la science traditionnelle qui a permis à leurs ancêtres de vivre en harmonie avec la nature.

La « femme Tortue » voyage à travers le monde pour parler de sa culture et des croyances de son peuple similaires aux croyances de nombreux aborigènes dans le monde. Elle a également parlé devant les Nations Unies. Le cercle de partage ou de « storytelling » est une tradition ancestrale. Il est un mode de communication, qui permet de faire entendre la voix de tous, sans aucune hierarchie et échanger sur tout type de sujets au sein des tribus autrefois, mais encore aujourd’hui. Les cercles de justice restauratrice et de discussions s’en inspirent et  sont aujourd’hui utilisés dans de plus en plus d’écoles américaines, nous les pratiquons dans mon école, très intéressant…

Lorsque Dona Augustine se rend dans une école ou dans une conférence, une petit rituel doit être observé, lui offrir un peu de tabac dans un bout de tissu. Le tabac, comme la sauge et la  « sweetgrass »( avoine odorante/ foin d’odeur ou encore herbe sainte) sont les plantes sacrées utilisés pour purifier, guérir, apaiser, se connecter à la nature. Elle partage son histoire, ses traditions, son parcours, les esprits de ces ancêtres qui sont toujours en elle, les valeurs des autochtones, les écoles résidentielles, la roue médicine,  les 7 enseignements des grands-pères : le respect, l’honnêteté, la vérité, l’amour, le courage, la vérité, la sagesse, elle chante et danse aussi.

Récemment, elle s’est rendue en Nouvelle Ecosse sur le lieu des émeutes entre pêcheurs autochtones et canadiens pour essayer d’apaiser les tensions. Elle a  rappelé aux pêcheurs canadiens qu’avec leurs énormes bateaux de pêche et l’appât du gain, le non-respect du travail des petits pêcheurs autochtones (de la peinture a été déversée sur les homards, des hangars et des voitures ont brûlé), leurs revendications  était complètement disproportionnées et injustes, venant ternir les traités et accords entre autochtones et colons, qui comme elle le rappelle souvent ce sont appropriés leurs terres et les offrandes que la nature leur faisait…

Cela fait du bien d’entendre la voix des sages…

Le spa nordique de Moncton, où le temps s’arrête…

Photos interdites à l’intérieur, photos du site web.

Un lieu privilégié, une parenthèse d’oxygène et de douceur dans ce monde qui ne tourne plus bien rond, c’est le spa nordique situé sur les hauteurs de Moncton, près du vignoble de la colline magnétique. Petit clin d’œil à tous ceux qui ne peuvent pas profiter de telles expériences en ce moment…

Une vue imprenable sur la forêt néo-brunswickoise, un cadre naturel, une décoration zen et cocooning, en plus des bienfaits reconnus sur la santé physique et mentale. Inspirée de traditions nordiques de plus de 2000 ans, la thermothérapie consiste à alterner entre le chaud et le froid suivi d’une période de repos jusqu’à l’atteinte de la détente profonde. Il est recommandé de suivre les étapes suivantes et de les recommencer 3 fois : Une fois en maillot de bain et en peignoir, tu traverses le spa à ciel ouvert. Tu commences par le sauna ou hammam, pendant 10 à 15 minutes, ensuite tu te plonges une minute dans une eau à  12/14 °C, puis tu vas ensuite 20 minutes dans la piscine chauffée à 38 ° qui te semble bouillante !   Il faisait 4° ce vendredi après-midi et je pensais vraiment avoir très froid, mais non, c’était vraiment supportable et le bain d’eau froide demande un peu de courage, mais ce n’est pas insurmontable ! Les espaces à ciel ouvert sont bien protégés du vent.  Le spa est ouvert toute l’année, même par – 30°C ! A réessayer absolument au creux de l’hiver…

 C’est vrai que l’on ressort vraiment détendu et vidé du stress et de la fatigue de la semaine. Les bienfaits vont même au-delà : stimulation de la circulation, éliminer les toxines,  libérer l’adrénaline, fortifier les défenses immunitaires…A quand un vrai spa nordique dans nos alpes françaises ?

J’espère que Léanne pourra profiter des bains nordiques en Norvège si son séjour mobilité  est maintenu à Oslo à partir de janvier, je croise les doigts ! C’est encore une autre dimension en Scandinavie.

C’était aussi Halloween, ce week-end. Ici, les enfants pouvaient se promener dans les rues pour faire le fameux « trick-or-treating ». Même si certains parents ne voulaient pas que leurs enfants honorent cette tradition, ou même si certaines familles avaient écrit sur leur porte qu’elles ne voulaient pas célébrer Halloween cette année, beaucoup de  gens ayant très peur du virus ici, nous avons quand même eu la visite d’environ une quarantaine de petits acadiens ! Et Nathan a pu aussi faire sa tournée avec quelques copains. Une parenthèse festive, également appréciée !

La hache de guerre du homard est déteréé…

En cette période tumultueuse sur le plan international, on en oublie un peu le reste de l’actualité, pourtant toujours très dense… En ce mois de l’histoire de premières nations ici au Nouveau Brunswick ,  qui met en lumière les traditions des autochtones, toujours dans un but de réconciliation, des évènements viennent entacher ces efforts de faire oublier le passé. En effet, en Nouvelle Ecosse, des émeutes importantes ont eu lieu entre pêcheurs de homard autochtones  et les autres. Des traités signés au 18eme siècle autorisent les communautés Mik’maqs à pêcher le homard en dehors de la saison officielle allant de mai à novembre pour les pêcheurs canadiens. Ces traités, qui n’ont jamais vraiment été révisés, stipulent que les communautés autochtones peuvent continuer à pécher pour leur permettre de continuer à avoir un revenu pendant l’hiver. Or,  c’est cette définition vague  de « revenu « qui polarise toutes les crispations. Des voitures ont été brûlées, des actes de vandalisme ont été perpétrés de chaque côté des communautés. L’histoire se réécrit toujours et encore et l’argent générée par l’exploitation du homard reste un sujet brûlant. Fin août, c’était Trump qui été intervenu pour protéger les pêcheurs de homard du Maine de la concurrence du homard canadien. Pour la petite histoire, c’était aussi pour s’assurer des  voix dans cet état qui a brusquement changé de couleur en 2016, votant majoritairement pour lui, alors que cet état a toujours été démocrate comme la plupart des états de la Nouvelle Angleterre…

Au Nouveau Brunswick cette semaine les entreprises de déneigement sont venues installés les bâtons de neige bleus, qui viennent signaler les «  driveways » des maisons individuelles lors du déneigement…cela sent l’hiver!! C’est vrai les températures depuis aujourd’hui baissent, on devrait avoir des gelées cette semaine…Pour 350$ la saison,  une entreprise vient souffler la neige devant chez toi dès qu’il neige…En même temps, je ne me vois pas vraiment déneiger les quantités de neige, ce n’est pas les quelques centimètre du Nord Isère…

Un autre sujet intéressant : les « snow birds » sont inquiets. Ce nom « d’oiseaux des neiges » que l’on donne au retraités canadiens et plus généralement du nord de l’Amérique qui vivent l’hiver en Floride ou au soleil et reviennent l’été au nord, souvent vivre dans un énorme camping-car dans un camping. Ils sont très nombreux. C’est vrai que mes élèves me parlent très souvent du cottage de leurs grands-parents en Floride ! Tout un concept, qui perdure depuis des générations,  mis à mal par la pandémie…Les hôtels canadiens,  frappés par la crise, essaient de récupérer cette clientèle, pas sûr que cela marche…

Moi, les plages ici me suffisent…Pas besoin d’aller s’entasser en Floride!

Les couleurs de l’été indien

C’est le moment où les couleurs de l’été indien sont les plus chatoyantes, en général les deux dernières semaines d’octobre. Le Sussex Bluff ou promontoire en français est un endroit idéal pour prendre un peu de hauteur et voir les couleurs de l’automne à quelque 100 mètres de haut !!!Mais, la montée ressemble à s’y méprendre à la montée de la Vouise ou de la Dent de Moirans dans les Alpes iséroises…C’est un lieu populaire situé à 50 mn de Moncton, près de Petitcodiac, là où les collines et les monts se font plus vallonnés et marqués. C’est une partie de la chaine des Appalaches qui se situent ici, cette chaine s’allongeant tout de même du Labrador jusqu’aux confins de l’Alabama, avec un point culminant à 2037 mètres, quand même,  en Caroline du Nord. Petite randonnée, très prisée à cette époque de l’année, pour le spectacle qu’elle offre au somment, une vue magnifique sur les forêts et prairies de la Dutch Valley, la « vallée des Hollandais », rurale et agricole. Une météo magnifique encore aujourd’hui et des températures très douces, toute cette semaine encore. Il y avait des courageux dans l’eau ce vendredi à Shédiac…

Une semaine un peu compliquée à l’école, le gouvernement a pris des décisions complètement arbitraires pour répondre à l’éclosion de plusieurs cas dans 2 zones. Chaque jour, il y avait une nouvelle restriction dans les écoles, port du masque, dedans et dehors, puis EPS avec masque mercredi, puis jeudi plus d’équipements partagés par les élèves…On se demandait bien ce qu’ils allaient nous annoncer vendredi…manger avec nos masques, peut-être !!!Certains parents sont montés au créneau, dans les écoles mais auprès des districts scolaires, je pense. Du coup, jeudi soir à 20h30, on a reçu un mail du superintendant, notre recteur en quelque sorte, qui a fait tomber la pression, en disant que le port du masque n’était plus obligatoire en EPS…Mais bon , toujours obligatoire en classe et à la récré, pas terrible quand on enseigne une langue… Quelques dizaines de cas et ça y est, on voit vite les limites des hommes politiques, ils ne connaissent vraiment rien à la vraie vie. Mettre des masques à des enfants à l’extérieur et intérieur à  partir de 2 ans, en pleine campagne, sans aucun cas dans le village ou l’école, pauvres gamins…

Enfin, plus sérieusement, je ne peux ne pas avoir une petite pensée pour mes collègues français, tous affectés par l’atroce meurtre d’un collègue, sans histoire, qui faisait juste son métier correctement. Cela aurait pu arriver à n’importe lequel d’entre nous, à la sortie du collège, en ce jour de vacances de Toussaint. L’éducation nationale n’avait pas besoin de cela, l’ambiance déjà morose ne va pas s’arranger. Je crains que beaucoup de professeurs veuillent démissionner, déjà que le recrutement est un réel problème. Nos ministres doivent prendre le problème à bras le corps, il y a des solutions pour améliorer notre système, elles existent, il  y a quelques pistes intéressantes ici au Canada. Allez, Messieurs, ce n’est pas le Mammouth qu’il faut dégraisser,  il faut chercher ailleurs…

Le Parc National de Fundy, le paradis des randonneurs et campeurs

 C’est le week-end du Thanksgiving canadien, lundi étant férié et la météo encore clémente, nous en avons profité pour aller marcher dans le parc national de Fundy que je n’avais pas eu encore le temps d’explorer. A 1 heure 15 de Moncton, ce parc, comme tous les parcs nationaux est vraiment bien organisé et propose une multitude d’activités en toute saison. Des kilomètres de sentiers en forêt ou en littoral, cascades, rivières, piscines naturelles, lacs, kayak, ski de fond, raquettes, camping, séjours en yourte, animations sportives ou culturelles, VTT, observation des oiseaux et de la flore et de la faune, impossible de s’y ennuyer et les paysages sont à couper le souffle. L’histoire de la création des parcs nationaux canadiens remonte au début du 19ieme siècle, avec l’idée d’un fonctionnaire de l’état rêveur et poète, de protéger les paysages et le passé du pays tout en permettant aux touristes d’explorer ces espaces naturels. Aujourd’hui au nombre de 42, ils représentent une manne commerciale importante et accueillent des millions de touristes chaque année. Le parc de Fundy a été créé en 1948. Il abritait auparavant, plusieurs villages de pêcheurs et scieries importantes pour l’industrie du bûcheronnage. La pêche au saumon atlantique y était prospère, jusqu’à ce que l’industrie du bois étouffe une grande partie des rivières. Aujourd’hui, les scientifiques du parc œuvrent à la réintroduction du saumon sauvage de la baie de Fundy qui a la particularité de vivre à la fois en eaux douces et salées.

Assez alpin comme paysage, non?

De belles randonnées en perspective à y découvrir, en espérant que le parc ne referme pas ses portes, comme lors de la crise sanitaire du Covid. En effet, depuis quelques jours, plusieurs éclosions de cas ont fait leur appararition au NB, causant un vent de panique dans cette province très peu touchée par la pandémie. Des mesures restrictives ont déjà été prises, alors que l’on parle de 57 actifs aujourd’hui, un record, puisqu’au plus fort de l’épidémie, seuls quelque 70 cas avaient été recensés. Les salles de sport, dance, yoga, sont à nouveau fermées, les regroupements de plus de 2 familles « bulles » sont interdits, et dans les collèges et écoles primaires, tout le monde doit porter désormais le masque, dans les classes, ce qui n’était pas obligatoire jusqu’à maintenant…Aie, aie, aie, je redoutais ce moment. Moi, qui ne comprend déjà rien quand on me parle en français ou anglais avec un masque, alors comment enseigner une langue vivante avec un masque…Par ailleurs, le gouvernement insiste bien sur le fait que les élèves peuvent retirer leur masque, seulement si ils sont assis tranquillement à leur bureau… Eh bien, moi je dis que « Tranquillement à son bureau », cela n’existe pas dans les salles de classe à 25 au collège, sans distanciation physique, Monsieur le ministre…On va bien voir cette semaine, comme cela va se passer, en même temps, je pense que beaucoup d’élèves vont rester à la maison, beaucoup de gens sont très inquiets ici, hier, samedi, il n’y avait quasiment personne en ville…A suivre…

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