Ce vendredi était invitée à mon école Dona Augustine ou Thunderbird Turtle woman, une « elder » ( ainée qu’ on pourrait même traduire par un sage), pour initier les collégiens aux traditions des Premières Nations et plus particulièrement de la communauté Mi’kmaqs, dont j’ai déjà parlée et qui habitaient sur les terres du sud du Nouveau Brunswick avant l’arrivée de colons.

Depuis la loi sur la Vérité et la Réconciliation de 1994(seulement!), le gouvernement met tout en œuvre pour valoriser l’histoire, la culture et les traditions des communautés autochtones à travers le pays. De nombreuses organisations militent dans ce sens, et des avantages sociaux, éducatifs, politiques sont offerts. Cet acte reconnaît que les aînés autochtones portent en eux la sagesse qui reliait leurs peuples à l’ensemble de la création depuis que le Créateur les a placés sur l’Île aux tortues, le nord des USA et cette partie du Canada. Il reconnaît aussi que les aînés ont une compréhension privilégiée de notre mère la Terre, laquelle constitue la science traditionnelle qui a permis à leurs ancêtres de vivre en harmonie avec la nature.
La « femme Tortue » voyage à travers le monde pour parler de sa culture et des croyances de son peuple similaires aux croyances de nombreux aborigènes dans le monde. Elle a également parlé devant les Nations Unies. Le cercle de partage ou de « storytelling » est une tradition ancestrale. Il est un mode de communication, qui permet de faire entendre la voix de tous, sans aucune hierarchie et échanger sur tout type de sujets au sein des tribus autrefois, mais encore aujourd’hui. Les cercles de justice restauratrice et de discussions s’en inspirent et sont aujourd’hui utilisés dans de plus en plus d’écoles américaines, nous les pratiquons dans mon école, très intéressant…
Lorsque Dona Augustine se rend dans une école ou dans une conférence, une petit rituel doit être observé, lui offrir un peu de tabac dans un bout de tissu. Le tabac, comme la sauge et la « sweetgrass »( avoine odorante/ foin d’odeur ou encore herbe sainte) sont les plantes sacrées utilisés pour purifier, guérir, apaiser, se connecter à la nature. Elle partage son histoire, ses traditions, son parcours, les esprits de ces ancêtres qui sont toujours en elle, les valeurs des autochtones, les écoles résidentielles, la roue médicine, les 7 enseignements des grands-pères : le respect, l’honnêteté, la vérité, l’amour, le courage, la vérité, la sagesse, elle chante et danse aussi.

Récemment, elle s’est rendue en Nouvelle Ecosse sur le lieu des émeutes entre pêcheurs autochtones et canadiens pour essayer d’apaiser les tensions. Elle a rappelé aux pêcheurs canadiens qu’avec leurs énormes bateaux de pêche et l’appât du gain, le non-respect du travail des petits pêcheurs autochtones (de la peinture a été déversée sur les homards, des hangars et des voitures ont brûlé), leurs revendications était complètement disproportionnées et injustes, venant ternir les traités et accords entre autochtones et colons, qui comme elle le rappelle souvent ce sont appropriés leurs terres et les offrandes que la nature leur faisait…
Cela fait du bien d’entendre la voix des sages…