Quel nom évocateur! C’est le même nom en anglais, avec une prononciation très américaine! Une chanson du célèbre chanteur, cajun d’origine et canadien d’adoption, Zachary Richard lui est même dédié ! Nous y étions allés au printemps 2021, mais nous l’avions découvert dans la brume, ce qui ne manque pas de charme non plus, avec le son régulier de la corne de brume. Situé à une heure de Moncton, au bout d’une petite route sinueuse, c’est le cap du Nouveau-Brunswick qui s’avance le plus dans la baie de Fundy. Un jour de beau temps, la vue y est à couper le souffle et les falaises impressionnantes! On peut imaginer les jours de tempêtes les vagues venir se fracasser sur les rochers ! Le nom du lieu en dit beaucoup ! L’été, les plus courageux peuvent même venir y faire de la tyrolienne et du rappel à 46 mètres au-dessus de l’océan!
A partir de fin septembre le site est fermé, mais on peut y accéder tout de même, mais le phare est fermé et les installations sportives aussi.La tyrolienne…beau panorama!Le point de départ du rappel…46 mètres c’est haut! La descente ne peut se faire qu’entre deux marées, pour pouvoir arriver sur le sable en bas. C’était marée haute lors de mon passage.Au pied du cap, une zone protégée, la plage de galets et le marais. Des espèces rares de plantes y sont répertoriées, ainsi qu’une faune riche. faucons pèlerins, phoques, marsouins, oiseux migrateurs.Le marais, en arrière plan de la plage de galets.Ici, pas de cairns sur les plages, mais des inukshuk, ce symbole traditionnel et spirituel du peuple Inuit, dont la culture populaire s’est emparée.
Même si le Nouveau-Brunswick a été moins touché que l’île du Prince Edouard ou la Nouvelle Ecosse, les côtes n’ont pas été épargnées. Je suis allée constater par moins même sur ma plage préférée sur la côté acadienne, près de Cap Pelé. Quel désastre! Située juste en face de l’île du Prince Edouard, cette plage ainsi que plusieurs plages du côté du Nouveau-Brunswick ont subi de gros dégâts. Je n’en reviens toujours pas, des dunes de plus de 2 mètres de haut complétement balayées et aplaties! Sur les photos, difficile de se rendre compte quand on ne connaissait pas la plage auparavant, mais pour avoir une idée, il faut savoir que les pontons privés qui rejoignent la plage étaient cachés par les dunes, ne dépassaient que les terrasses, les piliers étaient enfouis dans les dunes. Aujourd’hui, les maisons sont en première ligne. La prochaine grosse tempête sera encore plus destructrice sans cette protection naturelle par les dunes…
A ce jour, il reste encore plus de 45000 foyers sans électricité à IPE et en Nouvelle Ecosse. L’école reprend lundi à IPE et certaines écoles restent encore fermées car les dégâts sont trop importants. Quand les éléments se déchainent, des petits coins de paradis peuvent se transformer en enfer… C’est triste…
Les dunes cachaient les piliers des pontons auparavant…et les maisons aussi…Les ferrailles tenaient les dunes, elles n’étaient pas apparentes avant.Cette maison ne se voyait pas de la plage, à peine, la dune de 2 mètres qui la cachait est complètement aplatie!Ici la dune a tenu, mais a été bien éventrée.Les dunes arrivaient devant les piquets de fer et faisaient 1 mètre cinquante à deux mètres de haut…Imaginez les poteaux verts cachés dans la dune et la terrasse reposant sur le sable…Et pourtant, la nature est toujours aussi belle, ca y est l’été indien arrive…:)
Cette semaine, dans les écoles canadiennes, mais également à travers le pays, on a célébré la Terry Fox en proposant différentes activités, mais surtout des marches pour honorer la mémoire de Terry Fox et continuer à faire vivre son engagement pour la lutte contre le cancer. Le 18 septembre est la journée de Terry Fox au Canada. Voici son histoire expliquée sur le site de la fondation Terry Fox :
« À l’âge de 18 ans, Terry Fox se fait amputer la jambe suivant un diagnostic d’ostéosarcome. Il subit ensuite 16 mois de traitements et découvre qu’il ne peut ignorer la souffrance dont il est témoin dans les services d’oncologie. C’est alors qu’il décide de traverser le pays à la course pour collecter des fonds pour la recherche sur le cancer. C’est le début du Marathon de l’espoir. Son but n’est pas de devenir célèbre, mais de faire changer les choses et de financer la recherche en vue de trouver un remède à tous les cancers. Il court près de 42 kilomètres (26 miles) par jour et traverse Terre-Neuve-et-Labrador, l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Québec et l’Ontario. Il court malgré la neige, la pluie, le vent, la chaleur et l’humidité. Il s’arrête dans plus de 400 villes, villages et écoles pour parler de ce qu’il a entrepris et des raisons qui le motivent. Il commence à courir à 4 h 30 le matin et, souvent, il ne s’arrête qu’à 19 h le soir. Il arrive que Terry et Doug, son meilleur ami et chauffeur, dorment dans la camionnette parce qu’ils ne peuvent se payer un endroit où dormir.«
A son départ de Terre Neuve, peu de gens le connaissent et le soutiennent, c’est en arrivant en Ontario que le message a atteint tous les canadiens, grâce à la presse et un riche mécène, qui le portent en héros national. Son objectif était de collecter autant de millions que de nombre d’habitants canadiens à l’époque, c’est à dire, 24 millions et il y est parvenu! Il a collecté 1 dollar par habitant! Certains de mes élèves m’ont dit que leurs grands-parents/oncles/tantes avaient vu Terry Fox passer dans leurs villes et villages du Nouveau-Brunswick dans les années 80! La fin de son périple est triste, arrivé en Ontario, il n’a pas pu continuer sa course, les tumeurs s’étaient propagées dans ses poumons et son marathon de l’espoir s’est terminé en avion. Il décède un an plus tard à l’âge de 23 ans.
Un exemple de pugnacité et de dépassement de soi qu’il fait bon de transmettre aux jeunes d’aujourd’hui !
J’en avais déjà parlé dans un précédent post, mais je n’avais pas pu encore m’y rendre. C’est chose faite et WOW, quelle belle découverte! Ce sentier creusé de toute pièce dans la forêt et la roche et ouvert depuis le printemps 2021 est une petite merveille. Il longe sur 36 km, la côté escarpée et sauvage de la baie de Fundy et offre des points de vue à couper le souffle! On peut le parcourir en voiture et s’arrêter à tous les points de vue spectaculaires, très bien emménagés, on peut aussi parcourir les nombreux sentiers qui parcourent le parc, qui reste fermé la nuit et l’hiver.
La capitale de l’ile du Prince Edouard mérite à elle seule un détour. Son centre historique est chargé d’histoire et sa taille humaine ainsi que sa proximité de l’eau en font une ville très agréable, on y parle même de la Dolce Vita canadienne…
Son passé est riche entre la signature de la première conférence en 1864 entre le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle Ecosse et l’île du Prince Edouard qui mènera à la Confédération du premier juillet 1867, la création du Canada en tant que nation, l’arrivée des premiers acadiens en 1704 et leur déportation par les anglais à partir de 1770 et la présence des autochtones Mi’kmaq depuis des millénaires.
C’est aujourd’hui une ville très animée et colorée surtout l’été, accueillant beaucoup d’artistes et de festivals, ce genre de ville bohème où il fait bon flâner.
Vue de Charlottetown, de l’autre côté de la baie.En face de la ville, le site historique qui retrace l’arrivée des premiers français et leur déportation par les anglais quelques années plus tard. Une belle vue sur la baie en arrière plan qui laisse entrevoir le potentiel estival de la ville.De belles sculptures et fresques au détour des rues du quartier historique.
Les glaces iconiques de l’île, Cows.
Sous la pluie en avril, ce n’est pas forcément la meilleure façon d’apprécier la ville…
Cette photo est très chouette! Retour au Nouveau-Brunswick par le pont de la Confédération, qui pour la petite histoire est en passe de changer de nom. Les députés de l’île ont voté à l’unanimité le changement de nom pour le nom Mi’kmaq de l’île, Epekwitk. Le gouvernement fédéral devrait voter ce changement sous peu.
Nous avons enfin pu nous rendre à IPE ou PEI en anglais lors du weekend de Pâques. A à peine, 100 km de Moncton, nous attendions ce moment là depuis notre arrivée, mais avec le COVID, difficile de s’y rendre et le tarif demandé pour traverser le pont de la Confédération, 50$ au retour te refroidit pour y passer juste une journée ou un weekend. Mais franchement, que ce serait bien d’y aller plus souvent, cette île est à découvrir! 200 km de long, 150000 habitants à l’année, plus de 2 millions de touristes l’été, surtout des américains qui y possèdent une maison de vacances, cette île qui bizarrement a la même forme que l’île de Porquerolles est un secret très bien gardé. Connue pour sa culture de pommes de terre, et la célèbre saga de Anne, la maison aux Pignons Verts, dont j’avais déjà parlée plus haut, ses exportations de homards et de crustacés, elle pourrait être placée dans la top liste des pays ou villes, où il y fait bon vivre. Ses falaises rouges comme le sol, ses longues plages de sable fin, ses parcs nationaux, ses petits ports de pêche, ses multiples phares, plus de 60 sur l’île, sa capitale et son centre historique artistique et bohême, tous les ingrédients y sont réunis pour garantir une Dolce Vita canadienne…
Les guides touristiques te disent en Europe, que l’île est fermée l’hiver, mais que nenni, tu peux aussi venir l’hiver. L’île est effectivement recouverte de neige, mais beaucoup d’activités sont proposées aussi, le gouvernement de PEI a justement annoncé récemment qu’il voulait aussi commencer à développer son tourisme l’hiver. Mais, c’est certainement l’été, que IPE revêt ses plus beaux atours, camping, randonnées, baignade, car l’eau y reste tempérée du côté de détroit de Northumberland.
Pour la petite histoire, j’avais déjà passé 10 jours à PEI l’été 1986(!), alors que je séjournais dans une famille d’accueil américaine du Vermont qui y possédait une maison de vacances, une ancienne église de bois blanc rénovée et transformée en maison de vacances. Après avoir cherché dans mes souvenirs et mes photos de l’époque, je sais maintenant situer à peu près la maison, sur la côté Est, que je n’ai pas eu le temps de parcourir lors de notre escapade pascale. Hâte d’y retourner…Je me souviens de baignades dans l’océan, de la pêche à la palourde, des repas de homards, des feux de camp sur la plage à faire griller des chamallows., A l’époque, personne ne connaissait cette île en France, nous avions pris le traversier, je pense ici au Nouveau-Brunswick, le pont de 12.9 km n’a été construit qu’en 1998…Je me rends compte de la chance que j’avais eue:).
Le petit port de Rustico, où les premiers français sont arrivés en 1720, arrivant de Bretagne et Normandie, aujourd’hui encore fier d’arborer ses origines acadiennes.La maison de famille de Lucy Montgomery, auteure de la célèbre saga de Anne, la maison aux pignons verts, traduite en plus de 40 langues et très prisée des touristes japonais qui étudient même ce roman à l’école.La maison de ses cousins où la jeune auteure passait ses vacances l’a inspiré pour écrire le célèbre roman. C’est vrai que lorsque l’on lit les premières pages, on se retrouve dans cette maison et cette ambiance…Aujourd’hui, un musée y est accolé.L’été, les couleurs sont encore plus chatoyantes, car l’herbe est d’un vert éclatant.
On me l’avait dit, mais je voulais voir par moi-même…Mais, c’est vrai, Montréal ressemble tellement à une ville française et je comprends pourquoi elle attire tant de mes compatriotes! Ces deux jours passés dans Montréal m’ont donné l’impression d’avoir fait une petite escapade en France ! Que l’on est loin, de mon quotidien, ici au NB! L’architecture, les tenues vestimentaires, les restaurants, des français au quatre coins des rues, le vieux-Montréal aux airs du vieux-Lyon ! Certes, il ne faut pas venir à Montréal si on veut vivre une expérience canadienne authentique ou apprendre l’anglais, mais tout de même la ville vaut le détour et pour des expatriés en manque de gastronomie française et de vielles pierres, c’est la destination idéale ! J’y retournerai certainement régulièrement pour prendre un petit bol d’air français:) Nathan prévoit d’y faire ses études, d’ailleurs, il a préféré Montréal à Ottawa pour le dynamisme et les activités pour les jeunes.
Le mélange du moderne et de l’ancien est juste sublime!
Le parc du Mont Royal, une vue imprenable sur la ville et des activités de plein air à gogo.
L’entrée des 32 km de galeries de magasins pour les hivers trop froids ou les étés trop chauds!Le Saint Laurent et le pont Jacques Cartier
Le Vieux-Montréal et le Vieux-Port.
Le quartier très prisé du PlateauJe reviendrai à Montréal…
La colline vue de Gatineau au Québec, de l’autre côté de la rivière.
Nous avons profité de notre congé de mars pour partir en road trip de Moncton à Ottawa en passant par Montréal et Québec. Depuis, le temps que nous voulions faire ce grand tour! Les frontières étant à nouveau ouvertes entre provinces et les restrictions levées, nous avons donc pris la route. Environ 1200 km séparent Moncton de Ottawa, cela semble beaucoup, mais lorsque l’on coupe le trajet en deux, c’est tout de suite plus agréable , surtout que du côté du Nouveau-Brunswick, il n’y a pas foule sur les autoroutes…Des grandes lignes droites, des forêts de part et d’autres et quelques montagnes/collines(?) au nord:)
Le contraste entre le Québec et le NB est saisissant, au niveau de la pression démographique et des infrastructures. 8 millions d’habitants au Québec contre 800 000 au NB!
Ottawa compte un million d’habitants, mais c’est une ville très tranquille, peu de grandes tours, beaucoup de bâtiments administratifs, l’université en plein centre de la ville répartie sur une multitude de bâtiments plus ou moins modernes, et la rivière Outaouais, le principal affluent du St Laurent, qui marque la frontière entre le Québec et l’Ontario.
La colline du Parlement et le canal Rideau sont les repères iconiques de la ville. Tout le parlement est en travaux pour 10 ans, il se visite normalement, mais il faudra attendre 2029 pour pouvoir y entrer.
La flame du souvenir devant le bâtiment principal du parlement, où siègent les députés. Le Sénat et la cours de justice sont de chaque côté, mais tout est en travaux en ce moment.
En été, sur cette place, il y a des sessions de yoga gratuites pour les habitants et Justin Trudeau s’y montre de temps en temps..
Il y avait encore quelques manifestants, mais toute la zone était bien surveillée et barricadée.
La résidence, de Monsieur le premier ministre, Justin Trudeau, juste en face de la place du parlement.Le parc de la Gatineau, de l’autre côté de la rivière, côté Québec. Un immense parc récréatif et de conservation de la faune et la flore. Plus de 50 lacs et une station de ski à 15 minutes du centre ville.Un des lacs du parc, avec des demeures impressionnantes, le premier ministre a une maison de vacances au bord de ce lac.Le château/hôtel Fairmont, construit en 1906, comme le Titanic, d’ailleurs un des architectes y a péri. A accueilli beaucoup de présidents et de personnages emblématiques.Le Canal Rideau, classé au patrimoine de l’Unesco, avec son système d’écluses d’origine. L’hiver, il devient la patinoire la plus grande du monde…Malheureusement, pour nous, il a commencé à dégeler le lendemain de notre arrivée!Quelques bâtiments de l’université d’Ottawa. qui accueille plus de 45 000 étudiants.Musée de l’histoire du Canada.
Du 4 au 13 février se déroule le carnaval d’hiver le plus grand et le plus vieux du monde. Depuis 68 ans, ce carnaval se tient dans la ville de Québec. Sculptures sur glace, défilés, jeux d’équipes traditionnels, chants, musique, activités de plein air, glissages font la joie des Québécois et habituellement des touristes. Cette année, les organisateurs et la mairie de Québec ont décidé de maintenir le carnaval qui avait été modifié l’année dernière. Même si les festivités seront encore réduites, il y a un réelle volonté de chasser la morosité et redonner espoir à la population !
Nous avions vu, lors de notre visite de la ville de Québec début janvier, la construction du palais de glace de Bonhomme, la mascotte du Carnaval, juste en face du parlement.
Petit aperçu de l’ambiance…De quoi se réchauffer au cœur de l’hiver! J’ajoute sur ma liste!:)
Difficile de le croire, quand on regarde mes photos du fleuve Saint Laurent et les températures polaires que nous avons ces derniers jours au Canada, mais oui, les eaux du St Laurent se réchauffent anormalement. Depuis, 40 ans maintenant, chaque année les températures à l’entrée du golfe sont étudiées, et ces 2 dernières années, ont été alarmantes, notamment en octobre et novembre 2021 où les températures de l’eau ont battu des records de douceur ! Les mesures sont prises au niveau de l’entrée du golfe où la profondeur peut atteindre 500 mètres à certains endroits !
Les scientifiques s’inquiètent évidemment des répercussions sur les espèces marines et la pêche, notamment la pêche au crabe des neige et à la crevette de Norvège qui ont besoin de températures froides pour survivre.
Moins 28 ° hier matin sur les pistes de Poley Mountain, dans les Appalaches ! Petite station bien sympa à 1 heure de Moncton culminant à 280 mètres! Bizarrement, nous n’avons pas eu froid et la neige était très bonne. Les canons tournent quasiment en permanence.. Ce jeudi, nous sommes partis avec mes collègues de l’école dans les rues de Petitcodiac, faire coucou à nos élèves, qui font l’école à la maison depuis la rentrée de janvier et jusqu’à la fin du mois. A coup de klaxons et avec nos pancartes, nous leur avons montré que nous pensions à eux. On va remettre cela cette semaine, dans les villages voisins!