A road trip to Maine

Le week-end de l’action de grâce tombait à point nommé pour partir sur les routes des USA et découvrir le Maine tout proche et ses belles couleurs automnales réputées. La frontière avec le Maine est à 2h30 de Moncton, à St Sephen et Calais( eh oui!) de l’autre côté de la rivière aux USA… Il faut encore compter 1h30 pour arriver à Bangor une des villes principales. Une ville commune mais qui a la particularité d’avoir comme résident THE Stephen King! La ville de Derry que l’on retrouve dans plusieurs de ses romans est largement inspirée de Bangor et pour les fans, il existe plusieurs endroits dans la ville qui ressemblent étrangement à sa ville fictive de Derry…

Maison de Stephen King dans le quartie huppé de Bangor, avec de belles maisons coloniales aux alentours.
Ambiance un peu Steven King, ce lundi matin…Creepy, creepy…

Le Maine est réputé pour ses côtes sauvages, ses résidences coloniales et ses stations balnéaires prisées par les grandes familles de New york et Boston au 19eme siècle. Il existe encore aujourd’hui ce côté  » St Tropez » ou Newport. L’état est aussi célèbre pour ses forêts, ses nombreux lacs et activités nautiques, les randonnées dans les parcs et les Appalaches et bien sûr le homard, emblème de l’état. Il a aussi joué un rôle important dans l’histoire des USA et de l’Acadie, notamment avec la présence du fleuve Penobscot qui rejoint le Massachussets au Québec et qui fût témoin de nombreux évènements de l’histoire américaine, de Samuel Champlain envoyé par Henri IV pour explorer le nouveau monde en 1605, au premiers colons de 1620 qui ont commencé leur exploration et le commerce de la fourrure, aux révolutionnaires américains qui ont connu de sanglants assauts contre les britanniques, un vrai lieu stratégique où l’on trouve encore de nombreux forts.

Fort en bois de Augusta
La ville de Augusta sur le fleuve Penobscot et le capitol, siège du gouvernement fédéral

Sur ce même fleuve on trouve la capitale Augusta avec son capitol et un fort en bois construit au moment de la « French-Indian War » ou guerre de la Conquête en français, dans les années 1750. Il ne faut pas oublier qu’alors la France détenait la majeure partie des territoires de l’Est américain à l’exception des 13 colonies britanniques…Très intéressant, en effet, cette partie de notre histoire ici.

De Augusta, on a rejoint la côte atlantique, où le décor est complètement différent, côte sauvage, rocailleuse bordée de forêts où le tourisme s’est largement développé, d’ailleurs la devise de l’état n’est autre que « vacationland », le pays des vacances. Le clou du spectacle se trouve au nord de l’état, au bout de la route 3, après le port de Bar Harbour, jolie petite bourgade manucurée: le parc Acadia, un des parcs nationaux le plus visité aux USA, un bijou à lui tout seul, qui demande au moins 3 ou 4 jours d’exploration à pied, en vélo ou en canoé. Ce port fait partie des escales des gros paquebots de croisière, tout de même… A Bar Harbour se trouve également un centre de recherche de renommée mondiale où tous les défis médicaux du 21eme siècle sont analysés et recherchés qui l’aurait cru…

Au large de ses côtes se trouvet une multitude d’îlots ou îles, l’île Campobello où le président Roosevelt venait passer ses vacances et qui appartient toujours à sa famille, l’île Deer à la frontière avec le Nouveau Brunswick, l’île Grand Manan au NB, d’où l’on peut observer les baleines, paysages sauvages et naturels garantis. Que de choses à voir encore…

C’est l’action de grâce!

Eh oui, ici aussi on fête Thanksgiving! C’est le 2eme lundi d’ octobre au Canada, mais le 4eme jeudi de novembre aux USA. Cette tradition de célébrer les récoltes remontent à bien avant l’arrivée des colons sur le sol américain. C’est devenu maintenant un jour férié, bien moins commercial tout de même qu’aux USA…mais comme aux USA, c’est un jour de repas en famille autour de la fameuse dinde.

Eh bien nous, nous allons en profiter pour aller aux USA, où l’on fête ce lundi le jour de Christophe Colomb, Columbus Day, qui serait arrivé sur le sol américain la nuit du 11 au 12 octobre 1492, et c’est aussi les 14 ans de Nathan! Donc pour ces 14 ans, un petit séjour express aux USA s’imposait, nous irons le Maine, dans la ville de Bangor et la capitale, Augusta.

Ci-dessous quelques photos du match de football américain qui a opposé hier soir, les deux équipes des lycées francophones de Dieppe et Moncton, le grand évènement de l’année selon Eva…Bon, moi j’ai trouvé qu’il n’y avait pas beaucoup d’actions sur un terrain de football américain, surtout beaucoup de placages, mais l’ambiance sur les gradins avec d’un côté les élèves de Mathieu Martin( en jaune et bleu) et les élèves de l’Odyssée en orange et bleu, était plutôt sympa.

la mascotte des Matadors, de Mathieu Martin

Homecoming exige( c’est cette fameuse semaine de l’automne dans les écoles américaines où l’on célèbre l’esprit de l’école et les équipes de sport avec divers évènements), nous avons eu, dans mon école, ce matin une assemblée un peu particulière, car tous les élèves( soit plus de 600 de la maternelle au lycée) étaient réunis dans le gymnase avec tous le personnel pour également fédérer les élèves autour des couleurs et valeurs de l’établissement( nous c’est marron et doré). Quelques discours, des jeux par équipe d’élèves de tout niveau, la présentation des nouveaux professeurs, dont moi, qui avons dû danser la macaréna devant tout le monde. Encore des moments inimaginables en France…

Halifax et la Nouvelle Ecosse, un vrai coup de coeur!

On nous avait parlé d’Halifax et de la Nouvelle Ecosse en bien, une des deux plus petites provinces du Canada avec l’Ile du Prince Edward voisine en bien, mais on ne s’était pas imaginé que c’était aussi bien! La nouvelle Ecosse est surnommée:  » Canada’s ocean playground » que l’on pourrait traduire par la cour du récré du Canada au bord de l’océan…Tout un programme et effectivement c’est bien cette impression que l’on a quand on traverse la Nouvelle Ecosse à partir de Moncton, une sorte d’îlot rattaché au Nouveau Brunswick par une bande de terre. Le paysage est un peu différent que celui du NB, moins de forêts et plus de cultures, de grandes fermes d’élevage, mais aussi des plantations de fruits, pommiers, petits fruits, beaucoup de myrtilles que l’on appelle bleuets ici. Mais c’est surtout le bord de mer qui est plein de bonnes surprises à découvrir. Nous ne sommes allés que sur la côté Est car c’est là que se trouve un des seuls endroits où l’on peut faire du surf au Canada( et ceci toute l’année!) , mais malheureusement pour nous, pas l’ombre d’un surfeur en ce samedi, ni d’une vaguelette…Pas très chaud non plus, 12 degrés sur la plage, peut être 17 ou 18 dans l’eau encore…Une autre fois c’est sûr, avec aussi un détour par l’île du cap Breton époustouflante à l’ouest de la province, on a hâte!

Donc pas de surf pour Nathan cette fois, mais nous avions une deuxième mission à accomplir à Halifax….Ikéa! Et oui le seul présent de ce côté-ci du Canada…Trop contents de pouvoir nous procurer tous ces petits objets de la vie quotidienne dont Ikéa a le secret…

La Nouvelle Ecosse est une province, comme son nom l’indique, majoritairement anglophone, même si c’est les français qui l’ont colonisée en premier, d’ailleurs de nombreuses batailles anglo-françaises ont eu lieu sur ces terres. La ville d’Halifax comprend environ 450 000 habitants, un petit San Francisco bien caché au bout du bout du Canada. Il y a, il est vrai beaucoup de similitudes avec SF, un grand port, un des plus grands du monde et des chantiers navals gigantesques, deux ponts à haubans, ici verts et orange, enjambe la grande baie réputée pour ne jamais geler abritant des monstres de pétroliers, des rues en pente et très verdoyantes, des maisons en bois aux couleurs très chatoyantes et variées, des boutiques très sympa, des fresques murales, des rues branchées avec beaucoup de cafés sympa, même une Grafton street comme à Dublin…Nous n’avons pas encore vu tout cela, nous avons eu juste un aperçu et il nous tarde d’y retourner très vite. Bref, une ville dynamique et étudiante, qui donne envie d’y rester.

Il ne faut pas oublier non plus, l’histoire d’Halifax mouvementée, puisque c’est d’ici que sont partis les secours pour le Titanic, il y a d’ailleurs un musée aussi, que j’ai hâte de découvrir et de comparer avec celui de Belfast, il y a d’ailleurs de nombreuses victimes du naufrage qui sont enterrés au cimetière de la ville. La ville a connu également en 1917 un tragique évènement, un bateau français, le Mont Blanc chargé de munitions en route pour la France est entré en collision avec un bateau norvégien, se qui détruisit une grande partie de la ville, fit des milliers de victime, créa un tsunami et une onde de choc…Cette explosion est considérée comme la plus puissante causée par l’homme après les bombes d’Hiroshima et Nagasaki!! Il reste encore des munitions au fond du port qui polluent les eaux…

Demain, c’est « orange day »!

Le 30 septembre au Canada est le jour des T-shirts oranges. Ce mouvement a débuté en 2013 quand une survivante des pensionnats indiens à parlé publiquement du premier jour où elle était arrivée dans une « école résidentielle » et qu’on lui avait arraché son t-shirt orange.

Les écoles résidentielles ou pensionnats indiens en français ont été crées à la fin du 19 siècle dans le but « d’assimiler » les enfants des premières nations afin qu’ils se plient à la culture et la langue des colons blancs. Cette partie de l’histoire du Canada est vraiment terrible et une fois de plus peu connue en Europe. On connait peut-être plus l’histoire de la « stolen generation » en Australie. Les enfants étaient envoyés dans des pensionnats de filles ou garçons, mais les conditions y étaient très dures, on les séparait de leur famille et fratrie pendant de longs mois, on leur coupait les cheveux, on les maltraitaient, parfois même violaient. Il y a des récits horribles de la vie dans les pensionnats mais aussi des traumatimes laissés ensuite. Le dernier pensionnat a fermé en 1996, il n’y a pas si longtemps. Depuis, le gouvernement canadien fait tout pour faire oublier ce pan de l’histoire et se faire pardonner. Trudeau milite beaucoup pour la reconnaissance des premières nations.

C’est la fin du week-end déjà, j’ai pu faire le tour d’une partie du golf qui se situe juste à côté de notre condo. Cela donne envie de s’y mettre! De grands golfeurs y viennent jouer et disent qu’il fait partie des terrains de golf les plus beaux au monde…

Petite anecdote du week-end: samedi en ville, un énorme pick-up( ils sont vraiment énormes ici!)plein de boue a attiré notre attention, il tirait une énorme remorque avec 2 quads et entre les 2 quads un orignal mort….C’est énorme, je confirme! Trophée de chasse certainement.

Tout est une question de point de vue…

J’avais envie d’écrire sur ce sujet, car depuis que je suis ici, je suis amusée et intéressée par la différence de perspective et de points de vue que l’on peut avoir d’un pays à un autre.

J’ai déjà parlé de la culture des compétences dans le milieu scolaire et l’accent mis sur les capacités de chacun et non les résultats académiques, mais il y a d’autres points aussi qui sont à noter dans la société en général. A l’école, il y a tellement de points de vue qui diffèrent de notre culture. Le sens du patriotisme et le respect, d’abord. Tous les matins, on doit se mettre debout et écouter en silence l’hymne national, ce que tous les enfants et adultes font avec diligence, les assemblies où l’on rassemble tous les élèves et récompense les élèves les plus respectueux des valeurs de l’école( ce matin par exemple la principale a remis le prix des « panthères » du mois, faisant référence à l’emblème de l’école).

La mascotte de l’école sur la scène de l’amphithéâtre
L’assembly ce matin avec des jeux pour commencer… La vice principal avec la chemise à carreaux noirs et blancs

Et puis, toujours ce côté positif de présenter les choses et encourager les élèves à faire encore mieux( même moi qui faisait partie des profs les plus bienveillants en France, je trouve que je dois m’obliger à toujours encourager les élèves et mettre en avant les actions positives, car je ne le fais pas encore assez et n’y pense pas tous le temps, ce n’est vraiment pas dans nos gênes en fait…). Par ailleurs, si les élèves ne sont pas tous des anges, je trouve que le respect des institutions est plus présent qu’en France. On ne remet pas en question les règlements, ni les lois. J’ai été surprise par exemple ce matin, alors que nous faisions un exercice d’alerte intrusion en présence de la police, que même ma classe de 5eme qui n’est pas des plus calmes était restée tranquille pendant plus de 15 minutes, assis par terre, alors qu’en France ce genre d’exercices n’est pratiqué qu’une fois par an car on sait que certains élèves en profitent toujours pour mener la zizanie. Dans la rue et sur la route, les gens font aussi plus acte de civisme. Pas de grands coups de klaxon ou de gestes grossiers, cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas, mais en tout cas beaucoup moins.

A l’école encore, j’ai été très surprise cette semaine, alors que la psychologue scolaire est intervenue dans ma classe de 6eme et 5eme, de voir qu’elle disait librement aux enfants qu’il était normal d’avoir des pensées suicidaires parfois en leur expliquant pourquoi et qu’elle terminait la séance par quelques minutes de « mindfulness »( pleine conscience en français). Je me dis que l’on aurait peut être moins besoin d’antidépresseurs en France si on avait ce genre de discours et de méthodes proposés dès le plus jeune âge, ici c’est chaque semaine…quand je pense au petit effectif d’infirmières et psychologues scolaires en France, que le ministère veut encore réduire, cela m’attriste, une fois de plus nous n’allons pas dans le bon sens.

Vous ajoutez à tout cela une vraie culture des activités sportives et cela fait des enfants plutôt bien équilibrés dans l’ensemble. Finalement, je m’aperçois que la pratique du sport est sur le même pied d’égalité que les activités pédagogiques. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’élèves en souffrance, un peu moins je pense et mieux encadrés par l’école aussi. Je suis également très surprise de voir dans mon petit village rural des écarts de milieux sociaux énormes, des élèves qui ne mangent pas à leur faim et qui vivent dans des maisons complètement à l’abandon qui côtoient des élèves qui partent en vacances au Japon par exemple…(18 heures d’avion d’ici quand même…)

Une autre différence culturelle, le look vestimentaire…Ici dans les écoles aucune pression des pairs sur le look, tout le monde s’en fiche, je vois des élèves de première et terminale arriver avec des bottes de ferme et des treillis, des T shirts et des casquettes John Deere, des sweat-shirt aux logos des sociétés agricoles, des cheveux teints en rose ou vert, des bottes de cow-boys…alors qu’ils vont s’habiller sur leur 31 pour le bal mensuel de l’école( paillettes, smoking et robes de soirée…) Et ce n’est pas parce que je suis à la campagne, idem en ville et chez les profs…La proviseur était encore en tongs aujourd’hui arborant son tatouage sur le bras et la cheville, mes collègues ne sont pas n’ont plus des plus apprêtées( chaussures de montagnes ou tongs selon les jours) aucun complexe pour montrer ses formes n’ont plus. Eva est d’ailleurs désespérée de ne pas trouver de personnes plus chic et stylées, mais tout est une affaire de regard…

Un autre aspect qui me fait sourire est le point de vue historique…Très intéressant je trouve pour les historiens ou professeurs d’histoire ou simplement pour tous ceux qui aiment l’histoire. Ici les livres d’histoire ne parlent pas de Verdun ou des tranchés pour parler de la première guerre mondiale, non pour les canadiens c’est Vimy, dans le Pas de Calais, dont on ne parle pas souvent en France. Le mémorial est d’ailleurs magnifique! De même, la France n’a pas été envahie par les allemands en 1940, mais comme un élève me l’a fait remarquer, elle a capitulé ou s’est rendue très vite face aux allemands ( cela dépend aussi de comment on traduit le verbe « surrender » de l’anglais au français. C’est vraiment très intéressant, je trouve de voir cette autre perspective. J’avais déjà parlé aussi de l’histoire des acadiens inexistante dans nos livres d’histoire.

Enfin, un dernier point pour aujourd’hui car il y en a tellement, c’est la légalisation du cannabis…Depuis un an, en effet le cannabis est en vente libre au Canada et de partout vous trouvez des magasins à côté des supermarchés et autre grande surface…C’est un peu perturbant, il parait qu’il y en a de toute sorte et à tous les parfums. Je ne peux pas mettre de photos ici de la seule enseigne habilitée à vendre, car c’est réglementé, d’ailleurs cette enseigne est contrôlée par le ministère du Nouveau Brunswick et le cahier des charges est assez contraint…Leur mot d’ordre est de privilégier l’éducation, la sensibilisation et la responsabilisation, mais que la culture du cannabis est aussi une manne économique pour la province. Surprenant, de voir des gens entrer et sortir de ces boutiques…comme il est tout aussi surprenant de voir des poubelles à seringues dans toutes les toilettes publiques…Et tout aussi surprenant que le jeune caissier du supermarché me demande de scanner la bouteille de vin que j’avais achetée( non, non rassurez-vous je ne me suis pas mise à la boisson, c’était pour offrir avec du fromage français…) car il était mineur et n’avait pas le droit de la toucher…

Pour finir, quelques photos de la marche pour le climat d’aujourd’hui à Moncton à laquelle Nathan a pu participer avec un grand nombre de lycéens, ils avaient préparé des affiches en classe.

On aperçoit Nathan derrière le poteau gris avec sa capuche marron…
Un bel example de Chiac sur la pancarte ci-dessus…

La rentrée des enfants

Encore une semaine riche en émotions…Mardi était le grand jour du périple jusqu’à la frontière avec les USA pour décrocher enfin le fameux sésame. Départ à 7 h, 3 heures de route pour arriver à Woodstock au poste de frontière jouxtant le Maine, passage de la douane américaine, 40 minutes pour obtenir le document de refus d’entrée dans le territoire, puis retour en arrière 300 mètres plus loin au poste canadien, explication à nouveau de ma situation, puis on nous fait rentrer dans la salle d’attente( je revois l’agent de la dernière fois, qui se souvient de moi et me dit gentiment qu’il va expliquer ma situation à l’officier) avant de rencontrer l’officier de l’immigration, à qui je réexplique encore tout, il vérifie mes documents et mon dossier en ligne, il manque encore un document de mon employeur( qui l’avait bien envoyé pourtant..) je dois l’appeler, par d’internet sur place, il me prête un téléphone, par chance la responsable HR est dans son bureau, elle faxe les documents et 1h 30 plus tard, ca y est j’ai ENFIN le permis de travail!!!!! Quel soulagement, toute cette attente pour une fichue visite médicale et un médecin pas très réglo…Il est 12h30, on repart de suite, on arrive à Moncton à 16h, et le soir même réunion de présentation à l’école des enfants, le lycée Mathieu Martin de Dieppe, du nom du premier enfant français né en Acadie. Première partie de la soirée, on doit suivre l’emploi du temps de notre enfant et tourner dans les classes toutes les dix minutes, les professeurs sont dans leur classe et présentent leurs matières. Je suis l’emploi du temps d’Eva, je trouve les professeurs très biens, ils se présentent de manière très positive en disant qu’ils adorent leurs matières et enseigner…Les salles sont grandes, l’établissement aussi, 1200 lycées de la 3eme( 9° année) à la terminale( 12°année). Tous les couloirs sont tapissés de casiers, les fameux ‘lockers’ où les élèves doivent déposer leur cartable, veste, chaussures mouillées en hiver et ne prendre que le nécessaire pour le cours suivant, chaque intercours durant 10 mn pour avoir le temps de repasser au casier. Les élèves n’ont pas un groupe classe attribué, ils se retrouvent avec des élèves différents en fonction du menu choisi. Pour Nathan, le menu est imposé, avec des cours obligatoires, pour Eva, elle n’a que français et histoire du Canada d’obligatoires, le reste est à choisir en fonction de ses ambitions, cela va de la cuisine en passant par la couture aux maths et aux sciences. Eva a pris un menu très scientifique: maths, physique, bio et chimie avec histoire du Canada pour ce premier semestre. L’emploi du temps change au deuxième semestre fin janvier. Les élèves ont tous les jours le même emploi du temps, 6 cours de 45 à 70 mn qui s’échelonnent de 9h15 à 16h, le mercredi ils finissent à 15 h.

La deuxième partie de la soirée est plénière dans l’amphithéâtre avec la direction qui nous présentent les valeurs de l’école, le fonctionnement, le règlement en insistant bien sur les compétences à développer chez les élèves et non sur les résultats académiques.

Le mercredi matin, le proviseur adjoint attendait Nathan et Eva à l’entrée avec deux élèves qui devaient les accompagner toute la journée. Bilan de cette rentrée, Nathan est ravi, ce système lui plait bien, il s’est fait déjà des copains, c’est un peu plus dur pour Eva qui se sent perdue dans ces classes sans dynamique de groupe et qui a aussi du mal à rattrapper les 15 jours de cours, les méthodes et les approches en science étant différentes ici. Il va falloir peut être ajuster et alléger son menu.

De mon côté, jeudi soir, il y avait aussi la réunion parents/profs mais d’un tout autre genre à Petitcodiac, barbecue, musique country, jeu du camion( Touch the truck, les personnes du village ayant un gros camion, tracto, camion de pompier le gare devant l’école et les enfants peuvent monter dedans et klaxonner.. imaginez l’ambiance..) stands des différents clubs de l’école et associations du village, classes ouvertes au primaire pour que les parents rencontrent les professeurs des écoles, bref discours du proviseur, bref une kermesse avant l’heure pour que les parents discutent de manière informelle avec les profs, mais finalement, c’est surtout les parents du primaire qui se déplacent…Cette réunion insolite montre à quel point l’école est le noeud social dans ce petit village où certains élèves ont un trajet d’une heure en bus pour venir à l’école…

Réunion parents/profs à Petitcodiac
La panthère, la mascotte de l’école
Le bordeau et jaune, les couleurs de l’école
Touch the truck!

Et enfin le week-end après cette semaine bien chargée! J’ai enfin pu explorer le parc à côté de chez nous et profiter de la chaleur( on est passé de 0 degrés jeudi matin avec les premières gelées à 26 hier et aujourd’hui. L’été indien commence à pointer son nez, c’est magnifique!!

Coucher de soleil ce soir de notre fenêtre…

Et maintenant que j’ai le permis de travail, il me faut encore m’inscire à la sécurité sociale, ici gratuite comme en France, tout est pris en charge, les soins de base et on peut prendre une mutuelle pour les dépassements d’honoraires, pas obligatoire, en tant que professeur, je bénéficie d’une très bonne mutuelle qui couvre la famille pour moins de 100€ par mois( et rembourse tout, ostéopathie, massage et autre soins de confort à plus de 80%°), puis je dois demander un permis de conduire du Nouveau Brunswick, gratuit aussi sur présentation de mon permis français et justificatifs de domicile et d’identité. Je dois aussi faire ma demande de reconnaissance de mon ancienneté, car ici, les professeurs peuvent faire reconnaître leurs expériences antérieures acquises dans l’enseignement ou autre au Canada ou à l’étranger et ainsi prétendre à l’indice salariale maximum après 15 ans d’ancienneté…ce qui est énorme en terme de salaire…

Allez, dans quelques semaines, tout cela ne sera qu’un souvenir…

La dune de Bouctouche

A 40 km d’ici se trouve la dune de Bouctouche, petite ville côtière et halieutique. La dune s’étend sur 12 km le long de la côte et forme une bande de sable où l’eau salée et l’eau douce se rencontrent. Les premières nations s’étaient déjà installés à cet endroit, les eaux étant poissonneuses( homards, harengs, très beau parc à huitres à l’entrée de la ville), l’eau tempérée et la faune abondante. Aujourd’hui la dune est préservée, elle subit les grandes tempêtes automnales et hivernales et change de forme régulièrement, mais on peut toujours s’y promener. Chaque année fin septembre a lieu la marche de la dune, 24 km aller/retour jusqu’au phare en bois blanc et rouge tout au bout, qui semble si loin..( le dernier gardien du phare y est resté jusqu’en 1986, aujourd’hui il fonctionne à l’énergie solaire). Un beau défi que je tenterais bien, mais ce n’est pas avec mes 2 ados que je vais y aller…Allez qui vient m’accompagner pour faire cette marche??Avant que la glace ne l’emprisonne…

C’est un endroit magnifique, sauvage et calme, l’eau de l’océan y est encore très bonne. Un endroit que je vais mettre dans mes favoris…

L’étrange colline magnétique…

A quelques kilomètres de Moncton se trouve la fameuse colline magnétique, parmi les attractions les plus renommées du Canada…Un étrange phénomène d’illusion qui vous donne l’impression de remonter la pente à reculons à bord d’un véhicule sans rien faire…Il faut donc descendre la pente, se mettre au point mort en bas, lâcher les pédales et là par magie la voiture remonte la pente toute seule sur environ 200 mètres. On peut faire la même chose avec un vélo, un skate ou même il parait que si l’on verse de l’eau, l’eau coule dans le sens de la montée… Il s’agit tout simplement d’un effet d’optique lié à la proximité des collines et la vision faussée de l’horizon, serait-ce là le secret de la magie? En tout cas, c’est bluffant! Il existe des phénomènes semblables dans le monde entier, il parait même qu’il y en a un en haut du col du Banchet sur la route entre Grenoble et Lyon sur quelques mètres…Celui du Nouveau Brunswick fait partie des plus spectaculaire!

Un traditionnel pont de bois couvert. Ils sont considérés ici comme des monuments historiques, le plus grand du monde(390 m) se situe au Nouveau Brunswick à frontière avec le Maine.

Tous les acadiens et toutes les acadiennes…

Sont américains, sont américaines, la faute à Napoléon…Eh bien, si Michel Fugain n’avait pas fait connaître l’Acadie avec cette chanson, et c’était dans les années 70…( reprise d’ailleurs par Natacha St Pier, originaire du Nouveau Brunswick, il y a quelques années dont le vidéo clip a d’ailleurs été très mal perçu ici…)je ne sais pas si franchement dans l’hexagone on se soucierait encore de ce petit bout de France, qui me semble pourtant, plus français que français…

Quelle histoire nos ancêtres ont vécu ici au Nouveau Brunswick, en Nouvelle Ecosse et à Terre Neuve! Une histoire dramatique avec en arrière fond les anglais bien sûr( notre histoire de France est encore ici une fois de plus liée à celle de nos voisins britanniques…) Petit rappel, c’est un italien qui est envoyé par le roi français, Verazzano, pour venir explorer le Canada un peu après la découverte de Christophe Colomb. Jacques Cartier arrivera quelques temps après, mais c’est avec Samuel de Champlain que la colonisation débute vraiment au début du 17eme siècle autour du fleuve St Laurent et notamment dans cette région qu’il trouva si belle qu’il la nomma  » Arcadia » en référence à la mythologie grecque.

Lorsque les anglais gagnent les terres des français au prix de batailles sanglantes, les acadiens deviennent des martyrs et sont chassés du pays, on parle même de génocide acadien ici, certains s’exileront jusqu’en Louisiane, d’autres à St Pierre et Miquelon. Certains resteront malgré tout et peu à peu la population augmentera à nouveau au 19eme siècle. Aujourd’hui, les acadiens sont bien présents autour de Moncton et sur toute la côte acadienne, on voit des drapeaux acadiens de partout( le drapeau français avec une étoile jaune sur la côté). Lorsque nous sommes arrivés en août, il y avait le congrès international des acadiens qui s’est tenu dans tout le Nouveau Brunswick et l’Ile du Prince Edouard, célébrant la culture acadienne très riche: musique, danse, littérature. On sent ici une vraie détermination à ne pas oublier leurs origines et leurs particularités.

Au quotidien, la présence des acadiens se remarque notamment dans la langue utilisée. C’est en effet très surprenant de voir ici, les deux langues coexister. En fonction des quartiers où l’on se trouve, des magasins les gens vont vous parler français ou anglais. On peut aussi leur poser la question avant de commencer une conversation, French or English, et très souvent ils répondent, les 2, n’importe laquelle…Effectivement, la province est la seule à reconnaître les deux langues officiellement et le gouvernement a une vraie politique de défense de la langue française, c’est pourquoi d’ailleurs, ils embauchent ici beaucoup de français et que la langue est enseignée de manière intensive à partir du CE1. C’est aussi la raison pour laquelle il existe deux types d’établissements scolaires, les écoles francophones et les écoles anglophones. Mais malgré ceci, j’ai été surprise en arrivant de voir que la langue la plus parlée était l’anglais( plus qu’à Québec où l’on entend beaucoup de français) c’est la langue que les gens utilise en premier, même si ils parlent français, le niveau des gens en général restant un bon niveau scolaire. Comme disent certains de mes élèves dans mon école anglophone, cela ne sert à rien d’apprendre le français, on peut se débrouiller sans partout dans le monde…mais il y a aussi des élèves qui pensent que parler français est un moyen d’obtenir un job mieux payé ici.

En tout cas ce mélange insolite a donné naissance à un dialecte qu’on appelle ici le « chiac », un mélange de mots français modernes et anciens et anglais dans une même phrase… Encore différent du franglais. Pour la prof d’anglais que je suis, cela est à peu près compréhensible, mais pour un touriste français, il ya de quoi en perdre son latin, c’est le cas de le dire…Ex: je vais tanker mon truck et le driver( faire le plein de mon pick-up et faire un tour) ou je vais watcher un film…Parfois, cela donne une syntaxe complètement fausse en français ex: « ils pensont ». Et à tout cela vous ajoutez des « là » en fin de phrases et cela donne un joyeux mélange…Cela fait penser un peu au Ch’ti. Parfois, je trouve que c’est même plus facile de comprendre en anglais qu’en chiac!

On m’a raconté aussi, qu’il pouvait aussi parfois avoir des tensions entre acadiens et anglophones, je n’ai rien vu de tout cela encore, il faut dire que Dieppe est très acadienne.

Voilà pour mon petit billet histoire et culture…Côté bilan de la semaine, je n’ai toujours pas de visa, car le médecin a joué la montre et quand j’ai appelé mardi pour savoir si les résultats étaient prêts, la secrétaire m’a dit que les résultats prenaient toujours dix jours à traiter, donc qu’il fallait attendre la semaine prochaine…Il avait voulu faire bonne figure avec l’officier de l’immigration en lui disant mardi mais avec moi, c’était une autre histoire…Donc, je reporte cela à mardi…le côté positif dans l’histoire c’est que j’ai pu finalement assister à un stage mercredi et jeudi sur l’enseignement du français langue seconde, la démarche et les programmes et j’ai adoré, franchement ces canadiens ils sont trop forts en pédagogie!

Les enfants ont enfin pu visiter leur école francophone, on a rencontré le proviseur adjoint mardi, très sympa et accueillant et ils y sont retournés jeudi pour visiter et rencontrer quelques uns de leur profs, récupérer leur emploi du temps, c’est une très belle école, très américaine dans un sens( tout comme dans les séries dit Eva…) Certains professeurs m’ont déjà écrit en se présentant et envoyant leur programme et directives, très pro tout cela..

Eva a pu choisir des matières très proches de ce qu’elle aurait fait en TS, et elle doit aussi suivre un cours d’histoire du Canada pour valider son examen final. Ils ont maintenant hâtes de commencer, on l’espère milieu de semaine prochaine, ils sont aussi allés repérer l’arrêt de bus( jaune le bus, of course!) à 6 minutes à pied d’ici. Leurs horaires sont un peu différents des miens, ils commencent à 9:15 le matin et finissent à 16 h, avec une heure de pause pour le « diner » comme ils disent ici et à 16 h des activités sportives si ils veulent, Nathan veut essayer d’intégrer l’équipe de foot( soccer).

Voilà pour les news, c’est le week-end et demain direction la plage!!!! Même si il fait frais le matin 4/5 °, les températures sont encore très agréables en journée autour de 20/24 avec un soleil radieux ces derniers jours!

Journal d’une immigrée française au Canada…;)

Allez, même si tout vous paraît plutôt pas mal depuis que nous sommes arrivés, cet article va vous donner une autre image de l’immigration au Canada…Je ne vous parlerai pas des heures que j’ai passées en France pour préparer notre immigration, les kilos de papier que j’ai envoyés aux services de l’immigration, les frais exorbitants demandés, les erreurs de leur part, les courriers perdus, le stress de l’attente…Non, je vais simplement vous décrire ma semaine, cela vous donnera une idée de ce à quoi peut ressembler l’arrivée dans un pays d’un quidam français( je ne parle pas des expatriés ici, à qui l’on prépare tout sur un plateau d’argent…)

Tout a commencé dimanche… J’avais réservé une voiture en ligne à l’aéroport qui se trouve à 5 minutes de chez nous( toujours moins chère que dans les agences, bon à savoir) comme je l’avais fait pour la première voiture que j’avais louée. Je me rends à l’agence vers 10 h et au moment de déposer la caution, l’agent me dit que la carte ne passe pas( il la glisse sur le côté du lecteur de carte), car ce n’est pas une carte de crédit( une visa premium que je paie une fortune à l’année…) Bizarre, j’annule et refait une réservation en ligne, je me présente au comptoir est là, même histoire…Je rentre furax et regarde sur internet et lis que certaines cartes ne sont pas considérées comme des cartes de crédit et que les agences locales ne les acceptent pas, seules les agences internationales. Il faut savoir que dans les pays anglophones, il existe un double système de cartes bancaires, les cartes de débit( semblables aux nôtres, cad qu’on dépense l’argent que l’on a) et les cartes de crédit qui sont un vrai système prêt bancaire de consommation, elle n’existe pas en France, mais du coup la carte de débit n’est pas vraiment un gage de sérieux, tout le monde doit avoir sa carte de crédit! Du coup quand on arrive de France( et cela les banquiers ne vous le disent jamais, il vous font payer des sommes exorbitantes pour avoir des cartes premium ou autre, mais en fait, c’est une grosse arnaque…) on n’est pas vraiment crédibles et on ne peut surtout pas s’en servir de partout! Donc, sachant cela, je réserve à nouveau une voiture pour l’après-midi chez Hertz( je ne vous raconte pas les frais de taxi ce jour là..) et là grosse embrouille quand je me présente à l’agence du centre ville, l’employé est déjà parti( veille de la fête du travail) 1 h avant la fermeture et je me retrouve au téléphone avec l’agence de l’aéroport qui me dit qu’il faut retourner à l’aéroport, qu’ils pourront me donner une voiture…Nous voilà donc repartis à l’aéroport, c’est le jour où Léanne décollait, donc c’était notre direction, et là rebelote, la carte ne passe pas non plus, car ils ne veulent que la faire glisser et non pas prendre le code PIN…Et bingo, je réalise qu’ils m’ont bloqué ma carte en la passant tant de fois dans le lecteur…Grrr, et bien sûr comme tout touriste, je n’ai pris qu’une carte bancaire, alors que je savais qu’il faut toujours en avoir deux sur soi à l’étranger…

Résultat, une journée de perdue à chercher une voiture, plus de carte CB et la rentrée qui se profilait le mardi, mon établissement se situant à 30 minutes en voiture de Moncton…

A chaque jour suffisant sa peine, je me lève lundi avec la bonne nouvelle que ma carte CB a pu être débloquée, je refais donc une réservation de voiture sur internet, chez Hertz pour le mardi après les cours et j’envoie en mail à mon collègue qui habite près de chez moi pour m’emmener mardi matin…Il a lu son mail lundi matin en arrivant à l’école…Ne connaissant personne d’autre qui pouvait me conduire, je n’avais pas d’autres solutions que lui, et je n’allais pas prendre un taxi pour aller à mon école à 30 km de là…Les transports en commun ne sont pas non plus des plus développés en dehors des villes…Je préviens ma direction( heureusement c’était la journée d’accueil des 6eme, donc je n’étais pas vraiment indispensable, en disant que je serai en retard, car j’ai réservé une voiture et je l’aurai dans la matinée, enfin ce que je croyais…Quand je me présente chez Hertz, l’agence qui m’avait loué ma première voiture et où j’avais pu faire mon code PIN dans le lecteur pour laisser ma caution, je pensais que cela marcherait à nouveau, mais non, pour je ne sais quelles raisons, je ne pouvais plus insérer ma carte, mais seulement la glisser, et il était hors de question que je la glisse sur le côté, j’avais trop peur de me retrouver sans CB à nouveau…Après maintes explications, appel au manager, propositions de laisser une caution en espèces, coups de fil au numéro Hertz international qui me dit que l’argent ne sera pas débitée, alors que je viens de voir sur mes relevés de compte que si(!!!!), rien, il était midi passé et je n’avais pas de voiture, ma rentrée était le lendemain..Pas de famille ou d’amis pour me dépanner, gloops…Que faire si je ne pouvais plus louer de voiture, en acheter une alors!! Ce que j’avais bien l’intention de faire en arrivant au Canada, mais je m’étais donné un peu de temps pour regarder. Je passe mon lundi après midi à regarder plusieurs options, à envoyer aussi un message à ma principal et Charlene, la responsable de l’enseignement du français du district qui m’a embauchée, heureusement les gens sont très compréhensifs ici.

Je décide donc de m’arrêter à un garage qu’un collègue m’avait recommandé le mercredi après-midi, mon collègue avait pu me conduire le matin et une collègue avait pu m’y déposer en rentrant après les cours. J’avais dans l’idée d’acheter une voiture cash avec ma CB, ici à partir de 6000/8000€ on trouve des voitures d’occasion de bonne qualité. Arrivée au garage à 10 km de Moncton, la voiture qu’on avait repérée était vendue et de toute façon ils ne prenaient pas la CB!!Parfois, avec toutes ces histoires je me demande vraiment si on est au 21 ° siècle! J’étais à 10 km de Moncton loin de tout, pas de bus, pas envie de dépenser 50$ dans un taxi…alors j’ai fait du stop pour rentrer…Pour la première fois de ma vie, à 49 ans, j’ai fait du stop, pas très fière sur ce coup là! Et au bout de 10 mn des gens charmants se sont arrêtés, ils m’ont dit qu’ils avaient bien vu que je n’avais pas le look habituel del’ auto-stoppeuse…qui se dit ici d’ailleurs » faire du pouce »! Ils m’ont déposé là où je voulais aller( trop sympa!), c’est à dire un garage où nous étions allés les premiers jours et qui semblait plus flexible sur l’achat d’une voiture avec financement et dépôt d’une somme avec CB. Au bout d’une heure, alors que j’étais prête à acheter n’importe qu’elle voiture( donner moi une voiture, please!!!) et de signer le financement il me dit que parce que je n’ai pas de visa de travail, ils ne peuvent pas me faire un financement…On était mercredi 17 heures, et la semaine était loin d’être finie…Au bord des larmes, le vendeur a pris pitié de moi et m’a ramenée à la maison, après avoir essayé de contacter des copains qui avaient des agences de locations mais sans succès…Et les enfants dans tout cela qui étaient seuls à la maison depuis le matin 7 h, car comme je l’ai dit plus haut, ils ne peuvent pas aller à l’école tant que je nai pas de permis de travail…Je tourne en rond là, non vous ne trouvez pas?

Je vous rappelle que le jeudi matin j’avais ma fameuse visite médicale nécessaire à l’obtention de mon permis de travail puisque je suis en contact avec des enfants, et je vous rappelle aussi que les 3 médecins de la province habilités à faire passer cette visite médicale étaient tous en vacances la semaine précédente…Debout 6h 30 jeudi matin, toujours pas de voiture, j’avais expliqué la situation désespérée à Charlene et ma principale qui étaient prêtes( je devais les appeler après ma visite) à me louer une voiture après la visite médicale pour me rendre à la frontière et faire valider mon permis de travail, vous vous souvenez, vous suivez toujours?

Je vous passe les détails de la visite médicale, qui est à mes yeux et aussi à ceux de la dizaine de personnes présentes, dans la même situation de demande de visas ou résidence permanente, est du grand n’importe quoi au prix de 500$, le médecin prend 200$ et l’hopital 350 pour une osculation ultra rapide, une radio des poumons et une prise de sang…4 heures de perdue, 2 km à pieds pour rejoindre l’hôpital, mais dans notre malheur, en nous rendant à l’hopital, nous sommes passés devant une agence de location, où nous nous sommes arrêtés sans trop y croire et qui ô miracle, a pu nous louer une voiture et prendre mon code PIN!!! Plus motivés que jamais, nous avons filé à l’hôpital, fait les examens et avons pris la route pour la frontière à 2h30 d’ici, on était jeudi, 14h30.

Arrivés à la frontière, il faut passer la douane américaine et expliquer que l’on fait le « tour du poteau », c’est courant ici, je trouve les agents américains plutôt sympa. Puis, demi-tour et arrivée au poste de frontière du Canada. J’explique à nouveau ma situation à 3 personnes différentes qui vont expliquer au grand agent de l’immigration, qui met plus d’une heure pour me dire que parce que je n’ai pas les résultats de la visite médicale, il ne peut pas me donner le permis…Je ne suis pas folle, j’avais bien lu sur leur site qu’il suffisait d’apporter la preuve de la visite et n’ont pas les résultats, mais comme me dit un agent, même eux sont complètement perdus dans les démarches d’immigration et ne sont pas d’accord avec les décisions prisent plus haut…En attendant, il était 19 h 30, on avait encore 3 heures de route et on était épuisés. Et l’agent ajoute que si nous revenons le lendemain pendant les heures de bureaux, il pourra appeler le médecin et peut-être avoir les résultats au téléphone et alors il pourra me faire mon permis de travail en urgence, il l’a déjà fait me dit-il…Alors, on fait ce que dit monsieur l’agent, on reste à quelques kilomètres de la frontière, dans la petite ville de Woodstock et on revient demain matin, c’est à dire ce matin…

A 9 heures on était au poste de frontière, pas très convaincue que le médecin aurait déjà les résultats vu l’énergumène, mais c’est une autre histoire…Après avoir une fois de plus expliqué mon histoire( c’est fini après ce post, je n’en parle plus, je l’ai répété tant de fois, c’est d’ailleurs pour cela que je la raconte ici, car comme cela tout le monde sera au courant et surtout cela servira peut-être à certains de ne pas faire les mêmes erreurs que moi…), l’agent me dit qu’il faut attendre encore une heure que le grand agent arrive…Attendre, c’est ce que l’on fait de mieux depuis que l’on est ici, alors une heure de plus ou de moins…pas grave…L’agent arrive, je raconte encore une fois de plus mon histoire…Il était très sympa et compréhensif, il a compris l’urgence de la situation, il a appelé le médecin, mais comme anticipé, celui-ci n’avait pas les résultats…Et il me dit que ce ne sera pas possible aujourd’hui…Mais que dès mardi je pourrai appeler le médecin, connaître les résultats, revenir mercredi à la frontière( raconter mon histoire encore 3 fois, c’est vrai, j’avais oublié!) et si les résultats sont positifs( il ne manquerait plus qu’ils ne le soient pas!) et que le médecin lui confirme par téléphone, alors, oui, OUI, il pourra me faire mon permis de travail…

Donc la suite au prochain numéro…

Pour ceux qui se demandent comment je peux être encore motivée pour immigrer ici, sachez, que de nombreux immigrants arrivant au Canada rencontrent ce même type de galères, tout le monde à son histoire…Et même l’agent à la frontière m’a avoué que ma démarche de venir à la frontière était encore la plus rapide et efficace, car les services de l’immigration sont débordés et certainement pour certains incompétents( il ne l’a dit ainsi, mais l’a insinué) et que les demandes en ligne prennent beaucoup trop de temps, en clair, si j’étais restée en France je serais encore en train d’attendre…

Nous sommes de retour à Moncton, heureux que la semaine se termine. Et les enfants dans tout cela, vous allez me demander. Eh bien, je trouve qu’ils sont super, ils suivent le mouvement, vivent les moments comme ils arrivent, c’est une belle leçon de vie aussi, c’est sûr, on est bien sur son canapé devant sa télé dans son pays développé, riche et libre, mais de telles péripéties permettent de voir les choses autrement, et certainement de voir l’immigration dans le monde d’un autre oeil…

Alors pour finir sur une note plus réjouissante, notre traversée d’une partie du Nouveau Brunswick nous a permis de voir des paysages superbes, des forêts et des lacs et rivières à perte de vue, cela fait du bien de savoir qu’il existe encore des endroits intacts sur cette planète…et aussi des lieux complètement abandonnés.

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