C’est notre nouvelle adresse, au 49 rue Doiron, à Dieppe au Nouveau Brunswick. Nous avons emménagés cette semaine et je ne pensais pas que nous avions déjà accumulé tant de choses en un an !! Même si tout est quasiment installé dans la maison, nous sommes encore un peu dans les cartons et les derniers ajustements, mais nous sommes très contents d’avoir plus d’espace, nous ne sommes pas fait pour vivre en appartement…Notre maison est flambant neuve et comme je l’ai déjà expliqué, très bien équipée et aux finitions impeccables. Le seul point noir pour moi, c’est la proximité des voisins et le concept de la maison en rangée, sans clôture et avec le « driveway » devant le garage, un peu trop conformiste pour moi…Ceci dit, notre maison est assez originale par rapport à l’architecture classique en bois/PVC blanc, chien-assis du nord de l’Amérique. Le nom de notre rue, qui ressemble d’ailleurs étrangement à des lieux très familiers isérois (: a une dimension historique acadienne importante. D’ailleurs, notre emménagement coïncide avec l’inauguration de la maison Joseph Doiron, à Dieppe, un lieu patrimonial, que la mairie de Dieppe vient de restaurer et qui porte le nom d’un écrivain, cultivateur et juge de paix acadien ayant fait fortune dans la région entre 1820 et 1893. Cette maison, que l’on peut visiter le week-end sur réservation,( je n’y manquerai pas !), est un exemple typique de l’architecture acadienne. Notre rue, n’a que le nom d’historique, car ce quartier de Dieppe, n’existait pas il y a 10 ans encore…La ville de Dieppe grignote la forêt, peu à peu. La demande, comme je l’ai déjà dit est très importante. Il y a des constructions de maisons individuelles ou petites résidences de partout, à faire pâlir les constructeurs de maisons français !
Nous avons eu encore une très belle semaine, du soleil et des températures encore très douces. Par contre, la situation côté COVID, ne s’arrange pas du côté de Québec, Montréal est à nouveau confinée, restaurants, lieux publics, universités. Eva a appris cette semaine, qu’elle n’ira pas à Montréal, les cours seront à distance toute l’année, c’est triste. Ici, toujours très peu de cas, mais les frontières sont toujours fermées et je crains encore pour longtemps…
Encore de belles couleurs sur la plage et l’eau encore bonne, même si je ne me suis pas baignée…
On entend souvent dire que les canadiens sont sympa, accueillants et relax, c’est vrai, les gens sont moins tendus et antipathiques en général, d’autant plus au NB, reconnu à travers le Canada comme une des provinces les plus chaleureuse. Il y a certainement tout un tas d’explications, allant de l’influence de la religion, en passant par le rythme de vie plus détendu, le climat, l’histoire, mais c’est surtout du sens du service dont je voudrais parler aujourd’hui. Nous avions déjà ressenti cette différence d’approche en Malaisie et au Japon, pour d’autres raisons d’ailleurs, car c’est vrai qu’en tant que français, nous avons du mal à être consistent dans ce domaine… c’est le moins que je puisse dire!
Depuis, que nous habitons ici, nous remarquons à quel point, il est agréable d’aller au supermarché et d’être accueilli par la caissière ou le caissier par un grand sourire et un » ça va, tu vas bien aujourd’hui? » Idem, lorsque tu vas au restaurant, pas de serveur ou serveuse désagréable ou bougon. Il faut dire que tu dois ajouter à ton addition 10 à 20% du montant pour le service, du coup, tout le monde se met en 4 pour obtenir le meilleur pourboire. 10% si tu es tout juste satisfait, 15% si c’est bien, 20% si c’est vraiment très bien. En fait, il s’agit plus qu’en pourboire, puisque que les métiers de la restauration sont réglementés en fonction de ce pourcentage reçu en plus. J’avoue que ce n’est pas toujours très clair, on ne sait jamais si c’est obligatoire ou pas, c’est en fait une sorte de code culturel et moral dont je n’ai pas encore saisi toute la dimension…J’ai dû passer quelques fois pour une pingre ou impoli, car quand tu n’as pas l’habitude, tu oublies ou tu ne sais pas vraiment ce qu’il faut faire!
Le sens du service se retrouve dans tous les commerces, mais aussi à la banque ou j’ai l’agent immobilier. Quand tu achètes ou loue une maison, le service accompagnant est incroyable. Le banquier s’occupe de tous les documents, pas besoin d’aller de rendez-vous en rendez-vous, il gère tout de A à Z, jusqu’au notaire, sans frais supplémentaire, tu n’as plus qu’à signer les documents en ligne, sauf pour l’acte de vente et la remise des clés. Une maison neuve est livrée complètement terminée, peintures intérieures, luminaires intérieurs et extérieurs, cuisine équipée, l’électroménager, le jardin engazonné, le goudron dans l’allée, les salles de bain équipées, tout cela est compris dans le prix d’achat et en une dizaine de jours tu peux être propriétaire d’une nouvelle maison! Ca fait rêver, non? Si tu achètes une maison déjà occupée, les anciens propriétaires laissent tout également, électroménagers, parfois, tondeuse, vélo, certains meubles. Les canadiens bougent beaucoup, changent très souvent de maisons, alors ils ne s’embarrassent pas du superflu! La notion de la maison pour toute une vie n’existe pas vraiment.
Je l’ai déjà dit, le prix de l’immobilier à l’achat est bas ici au NB, le plus bas du Canada « urbain ». Il faut compter entre 200 000 et 300 000$ pour une maison de 150/180 m2 environ. Pour 500 000$, tu as une maison de rêve quasiment!! Mais les habitants des autres provinces l’ont compris, beaucoup viennent de l’Ontario ou Colombie Britannique pour investir ou s’installer ici, les prix dans ces provinces sont faramineux! Vancouver est aussi chère que San Fransisco!
L’été indien s’installe peu à peu, il fait extrèmement doux, l’été n’en finit plus…La dune de Bouctouche, ce dimanche, j’ai fait 8 km sur les 24 aller/retour…
Le parc Kouchibougvac, prononcé Cou-shi-bou-gwac est un des deux parcs nationaux du Nouveau-Brunswick avec le parc Fundy.
A 1 heure 15 au nord de Moncton, ce parc offre un vrai terrain de jeux sur les territoires des Premières Nations, les Mik’maqs. Ours, orignaux, des multitudes d’oiseaux, des phoques, activités sportives, sentiers de randonnées, vélo, ski, raquettes, ateliers découverte des traditions des Premières Nations, campings, été comme hiver, il y a toujours quelques choses à faire. Moins spectaculaire que le parc de Fundy, avec ses falaises abruptes et ses cascades et sentiers escarpés, le parc »Koushi » comme on l’appelle ici, est plus « relax » , avec des kilomètres de sentiers plats et de plage. Il est également bordé tout le long, dans l’océan par une dune de sable, semblable à celle de Bouctouche, qui abrite ainsi une lagune, refuge de nombreux oiseaux. Il ne faut pas oublier tout de même que les ours noirs, orignaux, coyottes se promènent librement dans le parc…Nous n’en avons pas croisés, ouf, Eva était terrifiée de se retrouver nez à nez avec un ours…Une brochure offerte à l’accueil vous avertit comment réagir si un ours, coyotte ou orignal s’approchent trop près…Bon, c’est sûr, on va s’acheter un « pepper spray » (spray au poivre) pour la prochaine ballade…
Tout au bout du parc, la magnifique plage de Kelly.
Un bol d’air après une semaine bien chargée. L’automne s’installe peu à peu au Nouveau Brunswick, les feuilles commencent à rougir ou jaunir, les températures descendent peu à peu, mais la pluie se fait toujours attendre.
Pour ceux qui attendent le résultat des élections de ce lundi, c’est le premier ministre sortant, du parti conservateur progressiste qui les a remportés en conservant le même nombre de sièges, les verts conservent le même nombre et les Libéraux en perdent 3. Beaucoup de débats encore cette semaine, sur le bilinguisme et les clivages politiques autour des questions des francophones et anglophones. Les libéraux l’ayant remporté haut la main dans les régions francophones. Je ne pensais pas que le bilinguisme pouvait créer autant de crispations….
Tout d’abord, la rentrée des classes, ce mardi. Quelle organisation ! Mais on l’a fait ! Les professeurs et les élèves étaient heureux de se retrouver. J’ ai apprécié voir les professeurs préparer leurs classes et préparer la rentrée de manière positive. Nous avons eu une semaine pour préparer la rentrée, comme chaque année, entre réunions, formation et installation dans les classes. Pas d’ambiance maussade, mais l’envie de bien faire, de bien accueillir les élèves, cela fait du bien de travailler dans de telles conditions. Puis l’arrivée des élèves ce mardi, avec un plan opérationnel du ministère de la santé à appliquer dans tous les établissements scolaires. Un protocole strict, sur l’obligation de ne pas faire croiser les bulles d’élèves, de nettoyer après le passage de chaque classe, de surveiller les élèves pendant la récré et le repas de midi et avant de rejoindre leur bus, de faire porter les masques dans les espaces communs intérieurs. Notre proviseur a même fait faire des masques en tissu à l’effigie de l’école ! On s’en est sorti, mais il fallait bien une semaine pour que tout le monde prenne le pli !
Puis, un temps magnifique et estival qui perdure, des températures qui ont encore frisé les 30 et encore la possibilité de faire trempette dans l’océan avoisinant encore les 21/22 ° C dans la baie de Fundy et le détroit de Northumberland ! Juste incroyable !
Enfin, les élections provinciales, changement de gouvernement provincial et élections ce lundi 14 septembre. Les conservateurs sortant se disputent la place avec les Libéraux et aussi le parti vert, mais il y a encore du travail ici au NB, les gens sont moins conscients de l’urgence environnementale qu’en Europe, on voit encore des gens jeter leurs déchets par la fenêtre de la voiture, ou polluer des rivières ou forêts, même mes élèves disent que ce n’est pas grave quand je leur dis de ne pas gaspiller le papier, « il y a plein d’arbres ici » , me répondent-ils. Beaucoup de bâtiments restent éclairés toute la nuit. Eva a même pensé faire une campagne et mettre des prospectus dans les boites aux lettres pour inviter les gens, commerçants à éteindre la lumière la nuit !!! Mais qui dit prospectus, dit papier…C’est une bonne idée à creuser… Même mes collègues enseignants, je trouve, sont moins sensibilisés qu’en France. Quand la nature vous gâte, on se soucie moins du gaspillage…Toutefois, l’été a été très sec et des restrictions d’eau ont été mises en place et on parle de plus en plus de la protection de l’environnement, même si les candidats de l’opposition, reprochent au premier ministre sortant de n’en avoir pas du tout parlé dans son programme…Il lui reproche aussi de ne pas respecter la politique bilingue du NB et de laisser la communauté acadienne de côté. Lui, se targue d’avoir bien géré la crise du Covid, bon en même temps, c’était plutôt facile ici, vu la faible densité ! Un autre sujet brûlant est le vieillissement de la population au NB et l’immigration. Le gouvernement veut augmenter le nombre d’immigrants et le faire passer de 7000 à 10 000/ an, pour repeupler la province, renforcer la communauté francophone et répondre à la demande d’emplois dans de nombreux secteurs. Mais, ils vont devoir avant tout revoir leurs méthodes de recrutement et leurs exigences administratives, c’est encore trop compliqué et long!
Les campagnes électorales sont plus courtes ici, mais plus agressives. On attend à la radio des critiques ouvertes et explicites des candidats, on voit des sympathisants aux carrefours brandir des pancartes pour leur parti ou candidat et des gens afficher des pancartes aux fenêtres ou dans les jardins.
Encore une belle après-midi sur la plage et dans l’eau, ce dimanche. Ma plage préférée! Oui, il y a personne! Pour les Néo-Brunswickois, la saison est finie et c’est vrai que la marée était très basse!
C’est le long week-end du Labour Day, la fête du travail américaine et la météo est encore estivale. Nous en avons profité pour aller jusqu’à Halifax, que nous aimons beaucoup et descendre au sud de la ville, pour découvrir des petits trésors…
Le légendaire Blue Nose
La ville de Lunenburg, à une heure de route de Halifax, est classée au patrimoine historique de l’Unesco depuis 1995, pour son histoire et son architecture. Des maisons aux couleurs très vives, emblématiques du style colonial britannique en Amérique du Nord. La ville a d’abord été colonisée par les français au début du 17eme siècle, puis les britanniques les ont chassés et ont invité des protestants européens, par le biais de publicités, en 1749 à venir s’installer massivement dans la ville, pour éviter le retour des acadiens et de la région catholique ! Ainsi, quelque 2700 allemands, s’y sont installés, ainsi que des Suisses et des protestants de Montbéliard ! Le monde était déjà petit à l’époque ! C’est la raison pour laquelle on y trouve aujourd’hui un petit bout du mur de Berlin, acheté par un riche habitant, pour commémorer le passé germanique de la ville. Pour la petite histoire, on trouve des morceaux du mur de Berlin, dans plus de 140 pays ! La ville est très touristique, on y trouve aussi l’usine de transformation alimentaire le plus grande d’Amérique du Nord.
En remontant de Lunenburg, on passe de petits villages « carte postale », nichés au bord de l’eau, en des petites criques et baies naturelles. Les paysages sont très bretons, d’ailleurs ! On sent que la Nouvelle Ecosse est plus riche que le NB, plus tournée vers les sports nautiques et les activités balnéaires, voile, jet-ski et compagnie, eh oui, il y a du pétrole en Nouvelle-Ecosse ! La pêche y est plus industrialisée, le port de Halifax représentant une plaque tournante mondiale. On sent aussi beaucoup plus l’influence britannique, un peu trop à mon goût…Je trouve les acadiens, beaucoup plus sympa et moins pincés…C’est dit !
Tout proche de Lunenburg, se trouve la populaire Oak Island, ou l’île Chêne, moins connue en Europe, mais qui titille l’imaginaire populaire, depuis plus de 200 ans, à travers tout le monde anglophone. Cette île longue de 1.5 km a fait couler beaucoup d’encre depuis 1795, et attire depuis des chercheurs de trésors. Le président américain, Roosevelt, y serait même venu pendant sa jeunesse ! Des messages auraient été trouvés indiquant la présence d’un trésor enfoui à plus de 30 mètres, des dizaines de galeries ont été forées depuis, faisant de l’île un vrai gruyère. La légende évoque même que l’origine du trésor pourrait provenir des Templiers, mais il y a une multitude de théories… Cette île fait toujours partie de la culture populaire, puisque la TV américaine y filme une émission de téléréalité depuis 8 saisons, et qu’un jeu vidéo populaire en a fait son décor. Il faut une autorisation pour y pénétrer et la visiter avec un guide, un panneau vous dit que si vous rentrez sur l’île, les caméras présentes pour la fameuse émission, pourront diffuser votre image dans le monde entier…
La fameuse Oak island!
En s’approchant de Halifax, on trouve de belles plages au sable blanc avec une belle eau turquoise, à 18° C en ce début de septembre et le fameux phare et village de Peggy’s cove, très photographié, lui aussi, c’est vrai que l’endroit est superbe ! Un peu trop touristique, à mon goût. Pour ceux, qui ont une bonne mémoire, ce phare est associée à la catastrophe aérienne de l’avion de la Swissair, reliant NY à Genève en 1998 et qui s’est écrasé à huit km de la pointe rocheuse de Peggy’s cove. Un mémorial y a été érigé. Décidément, après le Titanic, l’avion de la Swissair et la tuerie récente de mars 2020, on peut se demander, si la Nouvelle Ecosse, n’aurait pas un petit air de Triangle des Bermudes ! La province reste toutefois très attractive, et nous n’avons pas encore tout vu. Il existe un endroit superbe tout au bout de la Nouvelle Ecosse, appelé Cap Breton, eh oui, rien que cela ! Mais ce sera, pour une prochaine fois !
La Nouvelle Ecosse est aussi un des plus grands producteurs de myrtilles!
Le phare de Sallow Tailhead, le plus photographié du Canada, c’est vrai cet endroit est incroyable, quelle vue à couper le souffle, on y est restés plus de 2 heures à observer une baleine et les phoques tout au bout.
Nichée au bout de la baie de Fundy, tout près de la frontière américaine, finalement même plus proche des USA que du Canada, l’île de Grand Manan est un secret bien gardé. A 2h30 de Moncton, on y accède par ferry, près du petit village de St Andrews-on-Sea d’où l’on rejoint ce petit coin de nature préservée en 1h30. La traversée en ferry est déjà, à elle toute seule, un dépaysement, dépassant des chapelets d’îlots sauvages, accompagnés par les dauphins et parfois les baleines pour les chanceux !
Cette île, longue de 35 km et large de 18 km compte quelque 2500 âmes toute l’année, un peu plus l’été, surtout quand la frontière avec les US est ouverte. Elle est moins connue que l’île américaine de Campobello toute proche, réputée aux USA, pour y accueillir la résidence secondaire de la famille du président Roosevelt depuis plusieurs générations. 50 % des habitations sont des résidences secondaires, mais ici pas de chichi ou bling-bling, pas une île envahie par des riches propriétaires, non, tout y est simple et traditionnel. Petits ports de pêche, maisons en bois modestes aux différentes couleurs, peu de routes, une côte abritée à l’est où se situent les 3 ou 4 villages de pêcheurs, beaucoup de forêts, des chevreuils de partout, et une côte ouest inhabitée avec de hautes falaises tombant dans l’océan.
On peut imaginer aisément dans ce décor des histoires de pirates et de naufrages, surtout au moment de la révolution américaine où américains et canadiens se sont disputés la possession de l’île. Découverte par des navigateurs portugais au 16eme siècle, elle a été colonisée par des français également, puis tour à tour par les américains et les canadiens. Le nom Grand vient du français et Manan de la langue des premières nations de cette région, signifiant île. Aujourd’hui, les habitants vivent essentiellement de la pêche du homard, crabe, hareng, des fermes de saumons, du tourisme et activités nautiques simples et de l’algue dulse alimentaire aux bienfaits diététiques, que l’on retrouve aussi en Bretagne.
Outre sa douceur de vivre, c’est l’observation de la nature qui fait de cet endroit un lieu privilégié : baleines à bosse, rorqual, baleines noires, dauphins, phoques, marsouins, macareux ou « puffins » ces adorables petits oiseaux marins emblématiques du Canada. On peut observer les baleines de la côte, mais c’est encore plus spectaculaire en bateau ! C’est magique de pourvoir s’approcher de cétacés mesurant plus de 20 mètres ! Une expérience inoubliable à mettre sur son agenda ! Ne comptez pas trop cependant y faire trempette( un petit 16°, je pense en cette fin août..) il ne faut pas oublier que nous sommes au milieu de l’atlantique et non sur la côté acadienne où la température de l’eau est vraiment plus chaude !
Un puffin!A travers la jumelle, pas mal, hein!Pas facile de prendre en photo des baleines, surtout avec un smartphone, pas terrible mes photos! Nous avons vu une vingtaine de baleines, certaines de près et une a même fait un saut spectaculaire tout près de nous!
On espère pouvoir profiter du bord de l’océan encore quelques jours en septembre avant l’arrivée de températures plus fraîches, des températures avoisinant les 26 degrés sont encore annoncées cette semaine, même si demain c’est la rentrée de professeurs ! Les élèves reprendront le 8, après le long week-end du Labour Day fin de semaine prochaine. Voilà depuis le 15 mars, que je n’ai pas vu l’ombre d’un élève !!!! Il serait grand temps !
Alors que la rentrée est déjà passée dans plusieurs pays dans le monde avec des modalités complètement différentes d’un pays à l’autre, que ce soit à distance ou en présentiel, pas toujours très cohérentes d’ailleurs, le Canada lui s’est préparé tout l’été à cette rentrée différente, c’est le moins que l’on puisse dire, et en voici les grandes lignes :
En premier lieu, la rentrée aura lieu pour tous en présentiel au Canada, en général le 8 septembre pour les enfants, le 31 août pour les enseignants. Les provinces les moins peuplées prévoient une rentrée quasiment normale avec un plan d’école à distance au cas où…
Les autres provinces s’accordent pour dire qu’il est primordiale que les salles de classe soient les plus ventilées possible et qu’il serait même judicieux de prévoir un maximum de cours à l’extérieur…Ce n’est pas une idée nouvelle, puisque dans les années 1910, certaines provinces avaient mis en place le programme « forest schools » où les enfants étaient assis dehors ou occupés à faire des activités à l’extérieur, pendant les épidémies de grippes espagnol ou autres maladies infectieuses. Je vous avais dit déjà que le professeur de géographie de Nathan au lycée, les emmenait 2 à 3 fois par semaine dans la forêt pour construire un théâtre de verdure…on dirait qu’il avait senti le vent venir, ce monsieur… On s’accorde aussi pour dire que les class bubbles seraient la solution, c’est-à-dire un groupe classe (une bulle) qui reste ensemble tout au long de la journée sans se mélanger aux autres. Le port du masque est polémique et les provinces sont partagées, mais il n’est quasiment pas obligatoire au Canada en général. La distance de un à deux mètres est aussi retenue avec des bureaux plus espacés, mais pas forcément d’absence de contact et travail de groupe dans les class bubbles. Le transport en bus faitt aussi partie du plan ainsi que l’accè aux établissements.
Au Nouveau Brunswick, le plan avait déjà été révélé en partie en juin. Un retour quasi-normal en primaire et collège, avec des groupes limités à 15 en petite section sans autres aménagements. Les décisions des ministères s’appuient sur des recherches en psychologie qui avancent que les petits ont besoin d’un retour à la normal très vite et de contacts physiques pour évoluer normalement. Au collège, c’est à dire pour ma pomme, retour à la normale, classe de taille normale, sauf qu’il faut créer des class bubbles qui ne se mélangent pas dans les couloirs, cantine et récré. Les principaux ont dû passer tout l’été à mettre en place cette organisation, un vrai casse-tête, je les plains ! Ils vont être épuisés avant de commencer…Par ailleurs, on préconise de laisser les classes dans une seule salle, donc c’est les professeurs qui vont se déplacer, pas cool, moi j’adorais avoir ma classe ! Et en plus en langues, on a besoin de beaucoup de matériel et d’affiches.. On avait déjà dit en juin lors des réunions qu’il nous fallait tous un charriot pour trimbaler, ordi, matériel, livres et autres outils, et je crois que ce sera la solution retenue dans mon établissement. Cela signifie aussi que l’on va revenir à des méthodes plus traditionnelles, difficiles d’utiliser les tablettes, salles d’ordinateurs, livres, de faire créer des affiches en groupe ou faire des travaux de groupe, jeux de rôle, jeux avec des mesures de distanciation…Bref, on va s’adapter, comme toujours ! On a une semaine de pré-rentrée pour préparer tout cela !
Le masque ou visière n’est pas obligatoire et est à la discrétion de chacun, enseignants et élèves dans les espaces communs, déconseillé en classe. La distanciation n’est pas de mise dans les bulles, uniquement dans les espaces communs. J’ai lu aussi que les élèves devraient nettoyer leur bureau si ils devaient changer de salle…On verra en pratique, c’est clair, on va passer beaucoup de temps à faire du ménage…Pour l’instant les recommandations ne sont pas encore tombées pour les cours d’EPS, pas simple, dans ce contexte. Pour l’éducation musicale, interdiction de chanter et d’utiliser les instruments à vent ! Pas top, pour les collègues !
Pour les lycéens, ce sera un jour sur deux, un jour en classe, un jour à la maison avec du travail en ligne, cette idée me plait assez, un bon entraînement pour le travail universitaire !
Dans les bus aussi, il y a des restrictions, un par siège, si les enfants ne sont pas de la même famille, ou masques selon le contexte. Les parents ont été aussi sollicités pour emmener les enfants le plus possible à l’école. Les écoles sont aussi fermées aux parents et tout autre personne extérieure…Bref, tout cela va faire le bonheur des usines de désinfectants et de masques…
Plus sérieusement, je m’inquiète aussi pour les parents qui vont refuser d’envoyer leurs enfants à l’école. Je l’avais déjà dit, les canadiens ont déjà, en temps normal, une peur bleue des microbes et bactéries, et je sais que certains parents ont peur de mettre leurs enfants à l’école, donc avec la COVID qui circule un petit peu, (toujours très peu de cas, 180 depuis mars…), certains n’enverront pas leurs enfants, et je sais que certains provinces ont déjà donné la possibilité aux parents de garder les enfants à la maison….cela va être très compliqué cette rentrée !
Côté université, c’est quasiment tout à distance ce premier trimestre, pas vraiment l’idéal pour les premières années comme Eva! Cela commence, d’ailleurs par attiser des tensions, entre les étudiants étrangers qui ne sont pas venus,car trop d’incertitudes et des démarches très complexes, les étudiants inscrits qui voudraient que les frais de scolarité soient diminués et le manque d’enseignants dans certains provinces, comme au Québec et ici aussi. Tous les formateurs ont été réquisitionnés pour être dans les classes, la formation professionnelle sera forcément de moins bonne qualité pour les nouveaux arrivants…Que de répercussions!
Le 15 août a une autre signification au Nouveau- Brunswick et les provinces atlantiques, liée à l’Assomption toutefois, c’est la fête de l’Acadie que l’on appelle ici aussi le Tintamarre. Cette année, la fête est devenue un peu plus virtuelle, avec les conditions sanitaires, mais il y a eu quelques défilés en voiture aux couleurs de l’Acadie dans plusieurs villes du NB, mais aussi en Nouvelle-Ecosse, à PEI et à Québec aussi. Chaque année se déroule aussi le Congrès des acadiens du monde entier, il s’est tenu à Moncton l’année dernière. C’est le lieu de rencontre des traditions acadiennes, concerts, bals, danse, discours.
Cette fête traditionnelle et familiale est liée à l’histoire sombre et déchirée de la communauté acadienne dans le monde dont j’ai déjà parlé dans ce blog. Les acadiens se retrouvent entre amis et en famille et vers 18 heures, en général, on fait du bruit, beaucoup de bruit. Klaxons, tambours, musiques, casseroles, tout est bon pour faire le plus de bruit possible et exhiber les couleurs de l’Acadie( pour mémoire, le drapeau français estampillé de l’étoile de Marie, la Stella Maris, jaune, la couleur papale et qui dans la religion catholique symbolise la protection des marins ou peuple égarés) et montrer ainsi au monde que la communauté acadienne est belle et bien vivante et présente…
Cette année, moins de bruit et défilés, mais je suis sûre que l’année prochaine, les acadiens reviendront en force !
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a souligné l’événement dans une déclaration.
«L’histoire des Acadiens, qui remonte à plusieurs siècles, en est une de courage et de résilience, a écrit le chef libéral. Malgré toutes les épreuves et tous les défis, les Acadiens ont réussi à bâtir une identité unique et des communautés à leur image. La dynamique culture acadienne, qui se manifeste aujourd’hui dans tous les domaines, inspire des millions de gens, et ce, bien au-delà de nos frontières.»
«Cette année, en raison de la COVID-19, beaucoup d’Acadiens ne pourront pas descendre dans les rues pour le Grand Tintamarre comme ils ont l’habitude de le faire, a ajouté le premier ministre. Mais je me réjouis de voir que des tintamarres virtuels et d’autres événements ont tout de même été organisés un peu partout au Canada et dans le monde.»
Nous voilà de retour au NB, où l’été a été apparemment exceptionnel au niveau de la météo, mais aussi très sec! Un peu frustrés pour l’instant de ne pas pouvoir profiter des belles journées de la fin d’été…quarantaine oblige…
Quel nom pour ce petit bout de terre perdu au bout du Nouveau-Brunswick dans la baie de Fundy! Il paraît que c’est l’endroit le plus beau de tout le Canada! Le chanteur américano-acadien Zachary Richard en a même fait un album et une chanson, reprise par Natasha St Pier!
La route est longue et sinueuse, mais cela vaut la peine, même un jour de pluie et de vent comme hier! En pleine saison, il y a une tyrolienne qui descend au-dessus du promomtoire rocheux et du phare.Vue à 360° et frissons garantis!
Après une semaine estivale avec des températures au-dessus des 30°et une chaleur moite à être obligé de mettre la climatisation à l’intérieur, nous n’avons pas eu de chance pour notre escapade. Il faudra y retourner, c’est sûr, les couchers de soleil doivent y être époustouflants !
Nous devions voir cela,
Nous avons vu cela !
Nous avons bien entendu la corne de brume, par contre!!!
Tant pis, ce sera pour une prochaine fois…Nous avons quand même bien profité de l’océan cette semaine et j’ai pu me baigner!!!Mais avec la marée, il faut marcher longtemps avant de pouvoir barboter…
Et la découverte culinaire de la semaine…Les têtes de violon ou crosses de fougère, ou encore fougères à l’autruche, typiques du Nouveau-Brunswick appartiennent à la famille des asperges et des artichauds! Ca tombe bien, on adore!!
Elles se consomment en salade ou en accompagnement. Les premières nations les consomment depuis longtemps, pour leur apport en vitamines et leurs vertues tonifiantes. Elles poussent le long des rivières et à proximité des marais sur une très courte durée au printemps, bon, moi je les ai trouvées au supermarché!
Pas de pont de l’Ascension, ici, mais le jour de la reine Victoria pour une grande partie des provinces canadiennes, le lundi avant le 24 mai, jour de son anniversaire.
Ce jour marque en fait le début de la saison du camping ici et aussi le début de l’été qui est arrivée d’un coup. Il y deux mois, les eaux du détroit de Northumberland étaient encore prises dans les glaces, aujourd’hui l’eau est à environ 18 degrés, les gens se baignent…Eh oui, ici se trouvent les eaux les plus chaudes au nord de la Virginie et ce n’est pas étonnant que Jacques Cartier ait nommé une des baies du Nouveau Brunswick à l’entrée du golfe du St Laurent, la baie de chaleurs…
La température a effectivement grimpé rapidement avec des journées à plus de 25 ° et une chaleur étouffante… La saison du camping signifie que les canadiens commencent à passer leur week-end au bord de l’océan et des lacs et rivières le week-end. Ici, il est très courant d’avoir un terrain au bord de l’eau ou un cottage pour passer la fin de semaine comme ils disent… Beaucoup de gens ont aussi un énorme camping-car dans leur jardin pour les mois d’été et l’on trouve des terrains de camping de partout. Ils sont très bien organisés et équipés, tout est prévu pour un type de camping tout confort.
Nous profitons des beaux jours pour visiter la région, les frontières ne sont toujours pas ouvertes, ni avec les USA, ni avec le Québec, la Nouvelle Ecosse et l’île du Prince Edouard voisins. Les activités de plein air rouvrent peu à peu, mais il reste encore quelques restrictions. Les écoles resteront fermées jusqu’en septembre, mais les profs doivent retourner travailler du 1 au 23 juin, il faut justifier notre salaire !!
Nous avons pu découvrir les grottes de mer, à l’entrée méridionale du parc national de Fundy dont il me tarde de découvrir les sentiers magnifiques( encore fermé jusqu’au 1er juin) des grottes creusées par les hautes marées de la baie de Fundy, que l’on peut fouler à marée basse. Des paysages magnifiques !
Les grottes de ST Martins
Nous avons peu aussi nous approcher du pont de la Confédération, à 50 mn d’ici( fermé aux touristes jusqu’à nouvel ordre à cause du coronavirus) qui permet le passage entre le Nouveau Brunswick (et le continent en fait) et l’île du Prince Edouard, la plus petite province canadienne( 150 000 habitants, mais 1.5 de touristes, majoritairement l’été), réputée pour ses paysages sauvages, ses plages rouges, sa culture de la pomme de terre et le fameux roman au succès international ( plus de 50 millions de romans vendus !), Anne of the Green Gables (Anne, la maison aux pignons verts en français).
On dit que le NB est le « drive-through state », car beaucoup d’américains viennent passer leurs vacances à PEI (Prince Edward Island, du nom du fils de la reine Victoria, mais c’est les français qui avaient d’abord colonisé cette île..) et traversent le NB, signifiant que celui-ci n’a pas vraiment d’intérêt( pourtant on dit qu’il y a environ 2 millions de touristes qui y viennent chaque année, pour 750 000 habitants…) Ben moi, je trouve le NB déjà très joli, alors j’ai hâte d’aller passer quelques jours à PEI… En fait, pour la petite histoire, j’y suis déjà allée, il y a très longtemps…Lors de mon premier voyage aux USA, dans une famille d’accueil dans le Vermont, j’avais 16 ans. Ma famille avait une maison de vacances sur l’île du Prince Edouard, j’y suis restée une dizaine de jours, une ancienne église rénovée en maison de vacances dans un champ au bord de l’océan, c’est ce dont je me souviens. De longues plages désertées, une côte escarpée, la pêche aux palourdes, la traversée en ferry à l’époque, car le pont n’existait pas encore, mais je ne retrouve pas d’où l’on embarquait sur le traversier, il faudra que je demande à mes collègues…Pas beaucoup de souvenirs non plus, du road-trip qui nous a mené du Vermont à PEI, pourtant, on avait dû mettre une dizaine d’heures je pense. Je me souviens juste de notre halte aux chutes de St John…Il faut absolument que je reprenne contact avec la famille Clemons, j’ai retrouvé Lucy sur FB, mais je n’ai pas de retour pour l’instant…
Le pont de la Confédération a été mis en service en 1997. Un chantier colossal à l’époque, 12,9 km au-dessus de l’océan, quand même, avec la contrainte des eaux glacées l’hiver dans le détroit de Northumberland… Semblable au Pont de l’île de Ré, qui fait pâle figure à côté, avec ses 3 km de long, il se trouve encore loin derrière les ponts routiers au-dessus de l’eau les plus longs du monde. 42 km pour le pont le plus long, en Chine, évidemment ! Suivis de nombreux ponts d’une longueur de 30 km environ en Louisiane et aux USA, en Asie, Inde, Malaisie, la France arrive loin dans le classement…
Le nom du pont est symbolique, en référence à l’acte de la Confédération de 1867 qui fonda le Canada et institua progressivement les différentes provinces, PEI étant la seule non reliée au continent avant 1997…
On a hâte de pouvoir l’emprunter, mais il vaut mieux y rester quelques jours car la traversée coûte 47$, payable au retour.
Les enfants se sont aussi essayés cette semaine à la pêche à la palourde. Il faut creuser le sable là où l’on voit un petit trou et l’on devine une forme de coquille. Il faut creuser vite, car les palourdes s’enfoncent vite sinon. Les gens ramassent les palourdes pour les manger, mais je ne sais pas vraiment faire, amis bretons, je suis preneuse de bons conseils culinaires…
Les kite-surfs sont de sortie et les baigneurs aussi, si, si, je vous assure, il y en a quelques uns, mais aucun souci pour respecter la distanciation sociale…Cette semaine, c’est promis on essaie notre premier bain!