LA, California


Je n’avais pas pris le vol le plus direct pour nous rendre à LA et y passer la semaine de March break, mais le moins cher…Mais,  finalement traverser tout le Canada jusqu’à Edmonton en Alberta pour ensuite rejoindre Los Angeles valait le détour. Le survol des paysages grandioses et hors du commun est un spectacle à lui tout seul. De Halifax, il faut compter 5 heures de vol jusqu’à Edmonton. On survole le Nouveau Brunswick, puis le Saint Laurent et Québec, et des rivières et des lacs gelés, et des forêts à perte de vue. Quelles étendues!  Puis, le paysage change, lorsqu’on arrive au-dessus de la région des prairies, comme on l’appelle ici. Des provinces au nom peu connus en Europe, le Manitoba, le Saskatchewan, l’Alberta. C’est plat, plat, plat. Couvert de neige à cette époque de l’année, mais malgré tout on voit bien les parcelles immenses dessinées parfaitement et les fermes aux silos argentés. C’est la région qu’on appelle le grenier du Canada, où l’on cultive intensément, blé, lentilles, soja, mais et autre céréale.

Le décor change à nouveau complètement quelques minutes après le décollage de Edmonton. Les Rocheuses canadiennes  tout d’abord, grandioses, enneigées et sauvages. puis 30mn plus tard, on laisse les Rocheuses dernière nous, pour découvrir un paysage hors du commun, difficile à décrire, un paysage lunaire, comme un désert de roches volcaniques sans aucune végétation,  avec des canyons creusés dans la roche, et une large rivière le traversant , la rivière Columbia. C’est à l’est de  l’état de Washington, une région  appelée les Channeled scablands un phénomène géologique unique, qui contraste avec d’autres paysages plus communs et plus verts, quoiqu’un peu insolites, aussi,  des cultures en rond dessinées au compas, les pivot circles en anglais, une méthode d’irrigation en cercle,  je me demande d’ailleurs comment ils font pour créer de si belles formes géométriques!  Du ciel, on voit des cercles de partout. Et au loin, on peut apercevoir les Rocheuses  californiennes, avec des volcans se détachant de la chaîne de montagnes. Quel contraste!

Puis on change de décor encore en survolant l’Oregon, des monts couverts de sapins et des lacs aux couleurs irréelles, vert, argenté, marron.

Et on commence à descendre au-dessus  des plaines de culture à nouveau avant d’arriver sur  les collines plutôt verdoyantes autour Los Angeles, parsemées de serres en plastique ou verre, avant d’aller tourner au-dessus du Pacifique et descendre sur la ville de LA, une étendue de béton à perte de vue qui impressionne vue du ciel!  Quelle variété de paysages en une journée, notre terre est belle!  

Santa Monica, Venice beach et downtown LA

Une fois au sol, nous avons pu visiter les lieux emblématiques de LA, grâce à Uber! Quelle belle invention, que c’est facile aujourd’hui de se déplacer! C’est vraiment l’idéal en famille pour découvrir une ville, côté budget, vraiment rentable à plusieurs, et cerise sur le gâteau nous avons pu traverser une partie de Beverly Hills dans une belle jeep noire…

Venice Beach fait partie de ces lieux symboliques, une plage très longue, des vagues pour les surfeurs, des palmiers. Un riche industriel avait voulu créer une ville de villégiature semblable à Venice au 19eme siècle et toute la bourgeoisie américaine y avait sa villa. Il y fit créer des canaux et des villas de style vénitien. Cette ville a vraiment connu depuis sa création des hauts et des bas, chaque décennie apportant son lot de grandeur ou décadence… Le bord de mer aujourd’hui ou le Boardwalk est choquant, des centaines de sans-abris y ont élu domicile, arborant à la vue de tous, sur le sable et les pelouses, leurs tentes, leurs chariots plein de bric à broc, leur misère sociale et leur déchéance, pour le touriste non averti, attention au choc! Ça sent la marijuana à plein nez, on peut en acheter librement, on y trouve aussi des musiciens de rue ou artistes de rue, en fait plutôt des sans-abris qui essaient de s’occuper comme ils peuvent. Il y a aussi encore des surfeurs et des skaters au milieu de tout ce monde et quelques bodybuilders (c’est sur Venice Beach qu’est né le body building, avec la fameuse muscle Beach) et sportifs poussant le culte du corps à l’extrême.. Cette ambiance  très contrastée est plutôt dérangeante, et on la retrouve aussi dans certains quartiers de LA, comme sur  Hollywood Boulevard qui eut aussi ses années de gloire et qui est tombé bien bas…

En s’éloignant de la plage, le quartier des canaux et la rue de Abbot Kinney ont conservé les fastes de la belle époque, avec des maisons de plusieurs millions de dollars et des voitures Tesla à tous les coins de rue.

En remontant au nord de Venice Beach, on arrive par le bord de mer à Santa Monica, beaucoup plus manucurée et opulente. C’est une belle ville au bord du Pacifique, avec son célèbre Pier et couchers de soleil. Le centre-ville y est agréable, avec ses restaurants vegan et bio, ses studio de yoga et son ambiance Surf and Beach.

La ville de Los Angeles vue d’en haut coupe le souffle. Quatre million d’habitants dans le centre, 13 million avec l’agglomération, la 3eme ville la plus grande au monde après Tokyo et New York. Coincée entre les montagnes et le Pacifique, on dirait que le moindre espace a été bétonné. Mais une fois dans la ville, les grandes avenues, les palmiers, la verdure, les fleurs multicolores, les maisons basses, les immenses plages et les collines la rendent plus agréable. Nous avons fait le tour classique. Tout d’abord, Hollywood Boulevard, avec ses étoiles, ses empreintes au sol et son fameux Chinese Theatre et là même impression qu’il y a lors de mon dernier passage, il y a 25 ans(!), cette avenue n’est vraiment pas à la hauteur de son passé glorieux. Une fois de plus, un repaire de SDF, de profiteurs de touristes naifs, sale et dérangeante. Nous ne nous y sommes pas éternisés, il n’y avait même pas l’étoile de Brad Pitt, ni de Obama!!

Nous sommes allés retrouver un peu de verdure sur la colline de l’observatoire de Griffith, un parc magnifique d’où l’on surplombe toute la ville, du Pacifique aux Rocheuses en arrière plan et d’où aussi on peut approcher les emblématiques lettres blanches. Un point de départ de belles randonnées pour les Angelins en soif de nature et point d’observation du ciel et de vulgarisation de l’astronomie.

L’histoire de l’observatoire est un énième témoin du rêve américain, Griffith Jenkins Griffith, un gallois d’origine a fait fortune dans l’industrie minière californienne, après être arrivé pauvre sur la côte Est. Il a d’abord voulu offrir un parc la ville de  Los Angeles au début du 20eme siècle, le parc qui porte son nom, un îlot de verdure et de nature. Puis à sa mort, après une vie de bâtons de chaise, il aurait même tiré à bout portant sur sa femme alors saoul, il a légué son argent à la ville qui a fait construire l’observatoire en 1935, aujourd’hui musée et lieu de conférences ou de rencontres pour observer le ciel et les étoiles, les vraies cette fois-ci! Un portrait se trouve dans l’observatoire, à côté du pendule de Foucault ( eh oui le même qu’au Panthéon, à Paris!), accompagné d’une  citation qui semble encore tellement vraie
dans le contexte actuel…«si toute l’humanité regardait dans ce télescope, cela changerait le monde».


Les lettres d’Hollywood sur la colline à l’arrière de l’observatoire ont elles aussi une histoire rocambolesque.
Installées à la fin des années 20, pour faire de la publicité pour du terrain à bâtir, il était alors écrit Hollywood land, elles ont été changées plusieurs fois, soit parce que laissées à l’abandon, soit par ce que vandalisées. Elles mesurent aujourd’hui 13 mètres de haut, sur 120 mètres de long. On peut s’approcher encore aujourd’hui des lettres, après une montée de 4 km, où l’on vous conseille d’apporter beaucoup d’eau, mais un périmètre de sécurité a été installé, avec du barbelé, car il y a eu trop de vandalisme, soit des lettres ont été masquées par plusieurs fois dans le passé pour former le mot Hollyweed( cannabis) ou Ollywood au moment de l’affaire de l’Irangate faisant référence à l’officier Oliver North, soit des téméraires ont sauté du haut des lettres, une actrice s’y serait même suicidée dans les années 40, son contrat n’ayant pas été renouvelé…Quel lieu fascinant!
Nous avons fini notre tour par le quartier de Beverly Hills, et les rues de boutiques de luxe, rendues, en autre, célèbres par le film Pretty Woman, qui fête ses 30 ans cette année! Pas de Richard Gere ou de Julia Roberts, mais des voitures de luxe à gogo et des boutiques bien vides, mais magnifiques, des villas somptueuses également et beaucoup de verdure.


Quels contrastes cette cité des anges et on peut se demander où sont les anges, d’ailleurs,  car entre misère et ostentation, ne pourraient-t-ils pas y remettre un peu d’ordre et de justice?
Et c’est bien, cette impression qui restera de notre séjour, des paysages magnifiques, un climat très agréable, des lieux emblématiques, mais entachés par une réalité économique inquiétante( et des odeurs de cannabis insupportables!) dont tout le monde a l’air de s’accommoder et  qui dure depuis plus de 30 ans, depuis les années Reagan qui ont fait basculer l’Amérique dans cette fracture sociale, suite aux réformes fiscales qui ont enrichi les riches et appauvri les pauvres…L’Amérique de Trump doit régler un certain nombre de problèmes avant de retrouver toute sa grandeur!

Difficile de prendre ses photos, mais voici ce que l’on voit à tous les coins de rue de LA ou Santa Monica, sauf à quelques endroits protégés ou luxueux. La seule chose que le gouvernement a fait, dixit un chauffeur de Uber, c’est de distribuer des tentes au SDF…

Nous avons fini notre séjour entre shopping, plage, flânerie et cafés et restaurants avec ma nièce, qui fait ses études au Santa Monica College. Nous avons préféré Santa Monica, d’ailleurs, une ville balnéaire à taille humaine, avec une ambiance décontractée et sportive,  entre surf et jogging, et une scène gastronomique très tendance, entre bio, vegan, sans gluten et influences multiculturelles.

Retour à la réalité un peu difficile, -7 ce matin à notre arrivée à l’aéroport, de la neige et même si elle fond et on commence à voir le dégel des rivières , il va falloir encore attendre un bon mois, avant de voir les premières fleurs et bourgeons..

C’est March break!

C’est la semaine de vacances de tous les canadiens, un peu notre pont de l’Ascension ou de la Toussaint. Les seules vacances finalement avec Noël… Et une grande majorité part au soleil, Cuba, Jamaïque, Floride, Mexique, les hôtels doivent être envahis de canadiens. Et ici c’est très calme, tout le monde semble déjà parti. Il y a des vols directs affrétés tout l’hiver depuis Moncton ou autre aéroport. C’est souvent des voyages tout compris, dans des grands ensembles bétonnés sur le bord de mer, bof, pas vraiment ma tasse de thé. Certains vont même plus loin, j’ai un collègue qui part pour les Pays- Bas et l’Autriche pour une semaine! Pour nous ce sera LA et Santa Monica, on décolle dimanche de Halifax!!!

En prime, un snow day cette semaine, ce jeudi, de quoi nous préparer tranquillement… Après un temps printanier et des températures avoisinant les  10° C cette semaine, l’hiver se rappelle à notre bon souvenir…

Parcours Sup? Connais pas!

En cette période de stress et de décisions importantes pour les futurs bacheliers français, copains et copines des filles et anciens élèves, je ne peux m’empêcher de comparer nos deux systèmes et quelles différences!

En effet, ici, le système est rôdé depuis longtemps, semblable au système américain et système anglophone en général.

Pas de stress vraiment, tout se joue beaucoup plus tôt, finalement. Dès la 11ème année, l’équivalent de notre première, les élèves cumulent des crédits aux cours obligatoires( anglais, histoire du Canada, bureautique, français, dans l’école des enfants par exemple) et continuent en douzième année( ou terminale) avec encore 4 ou 5 matières. L’objectif étant d’obtenir la graduation, en capitalisant un ensemble de crédits avec plus de 55% de moyenne sur l’ensemble des cours obligatoires ou ceux choisis dans un menu. Ces crédits sont des notes sur 100 obtenues aux évaluations du semestre en contrôle continu. Chaque évaluation représente un pourcentage de la note finale avec les tests de la dernière semaine des 2 semestres, en janvier et mai. Tout est fait pour que l’élève réussisse et obtienne ses crédits, et les professeurs n’hésitent pas à refaire faire les évaluations ou donner des bonus pour obtenir les crédits ou appeler les parents pour savoir si l’ enfant aurait besoin d’un petit coup de pouce pour augmenter une note pour l’université qu’il a choisie… Du coup, c’est la raison pour laquelle tous les élèves obtiennent la graduation finale, le diplôme remis lors de la fameuse cérémonie en toge et en toque, rendue populaire par les séries ou films américains. Alors, comment se fait la sélection pour les universités? Eh bien, c’est une décision que les lycéens doivent prendre assez vite dans leur cursus, dès la seconde( la deuxième année du lycée ici). Il doit se créer son propre parcours en choisissant les cours qui l’amèneront aux études voulues. Comme il n’existe pas de lycées professionnelles ou autres établissements privés, tous les élèves d’une tranche d’âge se retrouvent au lycée, mais le choix des cours y est beaucoup plus varié. De l’ébénisterie à la cuisine, en passant par la musique et le théâtre, sans oublier les matières plus générales, et aussi, le fameux cours pour apprendre à s’occuper d’un bébé, avec les faux bébés que les lycéens ramènent à la maison dans un maxi-cosi et qui est programmé pour pleurer au milieu de la nuit!!!

C’est le choix des matières qui fera qu’un élève poursuivra( ou pas d’ailleurs, 70 % continuent leurs études, moins aux USA encore)plus en college( études post-secondaires pratiques et professionnalisantes) ou à l’université. L’admission y est plutôt logique. Dès le mois d’octobre les finissants, comme on les appelle ici, doivent faire une demande d’admission à l’université de leur choix, ils peuvent faire jusqu’à 3 demandes, mais en général si l’élève s’est bien préparé, une suffit(le coût d’une demande d’admission s’élève à environ 100$). Le choix de l’université est soit géographique, soit sélectif. Les élèves ici au NB choisissent majoritairement l’université la plus proche pour pouvoir continuer à vivre chez leurs parents. Mais, dans les grandes villes et selon les ambitions des futurs étudiants, ils peuvent faire une demande dans des universités plus prestigieuses et c’est les notes obtenues en première et sur condition d’obtention de notes au-dessus de 80% pour certaines, jusqu’à 95% dans certaines matières pour les universités les plus prestigieuses comme McGill à Montréal ou l’université de British Columbia à Vancouver, classées parmi les meilleures mondiales. Idem, pour les études de médecine, c’est les notes obtenues au lycée qui vont permettre aux lycéens de s’inscrire dans en médecine et c’est la première année qui sera déterminante avec 50% de la note finale reposant sur… un entretien!!!

Et le coût dans tout cela? Beaucoup moins cher qu’aux USA, c’est sûr! Entre 5000€ et 10 000€( pour des études plus spécialisées comme la médecine par exemple) pour les frais de scolarité annuels. Plus cher dans les universités prestigieuses, auxquels il faut ajouter le logement. Il faut savoir que la France a des accords avec le Québec et que les lycéens français bénéficient de tarifs préférentiels, très intéressants, car les tarifs pour les non-résidents sont très élevés sinon!

Il existe aussi un système de bourses très bien organisé. Tout au long de l’année de terminale, les élèves peuvent faire des dossiers de bourse, soit des bourses au mérite, pour des élèves brillants, mais pas seulement, il y a toujours un critère communautaire, sportif ou caritatif associé au profil du candidat boursier, soit des bourses pour financer des élèves ayant de modestes revenus. Chaque semaine, je reçois des annonces de candidature pour des bourses, le montant pouvant varier de 100 000$(!) à quelques centaines de dollars, ces bourses proviennent de fonds privés, de canadiens qui ont légué leur argent pour que certains étudiants en bénéficient, ou des banques et bien sûr la province offrent aussi des bourses. Du coup, il est facile de commencer ses études avec un petit pactole, il existe aussi un système d’épargne pour les études subventionné par la province que l’on peut ouvrir dès la naissance de l’enfant jusqu’à ses 15 ans. Les universités également offrent des bourses soit à l’entrée, soit pendant le cursus universitaire. Et aussi, il faut le noter, tous les jeunes ici ont un petit travail dès leur 14 ans, cela fait partie de la vie d’un adolescent, et c’est très facile de trouver à faire quelques heures par semaine, dans les supermarchés, restaurants ou autre commerce.

Voilà, finalement, avait-on vraiment besoin de créer cette usine à gaz de Parcours-Sup en France? Il y avait certainement d’autres solutions plus logiques, égalitaires et justes…

Petit bémol dans ce tableau presque parfait, cette semaine une étude est sortie démontrant que les étudiants canadiens ont du mal à faire face au rythme et au travail exigé dans les universités, 70% se disent stressés ou anxieux. Et c’est vrai, finalement les années lycées étant plutôt faciles et sans pression, les étudiants ont du mal à gérer la charge de travail et les échéances à respecter…Le travail universitaire reposant essentiellement sur des lectures et recherches et travail personnels, ainsi que sur des compte-rendu, et des évaluations sélectives, le changement est brutal…

Les températures remontent et passent au dessus de 0, 9 degrés cet après-midi! Et températures positives annoncées toute la semaine, nous en avons profité pour aller voir l’océan gelé et la plage de neige, avant qu’il ne dégèle…

Voir la mer…gelée!

Nous avons profité de ce long week-end pour aller voir l’équipe de Hockey de Moncton, les Wildcats et aussi aller voir la banquise! Car, ici, oui la mer gèle, c’est incroyable, quelle étendue immaculée! Nous sommes retournés à la dune de Bouctouche qui est complètement prise dans la neige et la glace et aussi Shédiac, dont la baie est transformée en immense patinoire, nous avoir même vu des kite surfers à ski! Ce qui est encore plus impressionnant, c’est de voir ces petites cabanes de pêcheurs en tôle posées sur la glace et les pêcheurs faire des trous dans la glace pour pêcher…je ne sais pas trop quoi, il faudra qu’on prenne le courage de s’avancer un peu plus sur la banquise pour leur demander, mais j’avoue que nous faisions pas les fiers sur la banquise, mais on peut dire que nous avons marché sur l’eau!!!

Oui, au fond c’est l’océan, avec des icebergs qui flottent!

Le même endroit en septembre..

La baie de Shédiac et les Kite-surfers

Même endroit en octobre…

Le match des Wildcats, le hockey est le sport numéro 1 ici, beaucoup de monde, même des bébés dans les maxi-cosy!! L’équipe est jeune et d’un moins bon niveau que notre belle équipe championne de France, les Brûleurs de Loups de Grenoble! Le public un peu moins déchainé aussi qu’à Grenoble, malgré toutes les animations dans les gradins, beaucoup de lots commerciaux distribués, des gros plans sur les gens, le papa du match, le gagnant de tel ou tel cadeaux des sponsors, le baiser des couples…bref un show à l’américaine…On a hâte d’aller voirs l’équipe des Canadiens de Montréal!

La semaine du personnel

Petite surprise de la semaine, le personnel était chouchouté par sa direction! C’est une tradition aux USA et au Canada pour la direction de montrer qu’elle prend soin de son personnel. Et franchement, je trouve que cela marche plutôt bien! On se sent tout de suite plus apprécié et reconnu, ce qui manque tant dans le système éducatif français et qui ferait vraiment du bien au moral des enseignants et du personnel en général…Donc, nous dans notre école, c’était toute la semaine! Nous avons reçu lundi un message de soutien et de remerciement du proviseur et le matin, la principale adjointe a fait le tour des classes avec un chariot rempli de gâteaux et de boissons chaudes, devant les élèves et insistant que c’était la semaine de « l’appréciation du personnel », staff appreciation week en anglais.

Mardi, nous avons pu participer à une tombola pour gagner des billets de cinéma. Mercredi, nous avions des petits gâteaux maison, préparé par les parents d’élèves dans nos casiers. Jeudi, le repas de midi était offert, pizzas commandées pour tout le personnel avec boissons et désserts et vendredi des petits ballotins de chocolats nous attendaient dans notre casier avec en prime un mail du superintendant, l’équivalent du recteur ici, qui nous envoyait ses remerciements et son soutien…Inimaginable de la part d’un recteur en France! Ce n’est pas grand chose, mais je trouve que cela participe à une bonne ambiance de travail, positive et respectueuse…

Et en plus, nous avons un long week-end, avec un lundi férié, le jour de la famille! Depuis les années 90, plusieurs provinces ont crée ce jour de la famille pour avoir un jour de congé supplémentaire entre les fêtes et Paques. Les Canadiens aiment prendre soin d’eux! Il y a donc des animations proposées autour de ce jour férié, des activités gratuites pour les familles, des évènements et des soldes aussi(!)

Un lieu magique!

L’amphithéâtre de glace! Il faisait partie du top 5 des lieux à visiter absolument ici au Nouveau Brunswick. A la fois hors du commun et en même temps tellement familier avec son air de cascade gelée d’une gorge étroite de la Chartreuse ou du Vercors, quand il y avait encore de vrais hivers…Et c’est vrai, on a eu cette impression de passer une journée à la montagne, ici au sud Nouveau Brunswick où les collines les plus hautes culminent à… 200 mètres!!

Situé à environ une heure de Moncton, près de la petite ville de Sussex et à 20 minutes de Petitcodiac, ce lieu préservé était encore un secret il y a quelques années, mais des bloggers et les offices du tourisme sont passés par là et le voilà maintenant répertorié dans les visites incontournables. Mais, le tourisme de masse n’est pas encore arrivé jusque là! Ouf! Une petite route enneigée vous emmène pendant 5 km jusqu’au départ du sentier, le long du ruisseau glacé, le Parlee Brook( ruisseau en anglais).

Il faut monter dans la forêt et on s’y croirait vraiment dans le Vercors ou la Chartreuse! Quelques petits chalets abandonnés se trouvent là au milieu de nul part et au bout d’environ 45 minutes, on quitte le sentier pour s’enforcer dans la gorge, en marchant sur le ruisseau gelé et c’est tout au fond que se trouve ce majestueux amphithéâtre, accessible, je l’imagine que l’hiver et encore sous certaines conditions! Ce n’est pas tant la température fraiche qui est génante, -10 ° quand même ce dimanche, mais nous n’avons rien senti et la chaleur du soleil nous a même rechauffés, c’est surtout la glace qui peut devenir problématique, car en effet si la neige n’est pas fraîche, c’est de la glace vive qui se trouve tout au long du sentier et encore plus sur le ruisseau. J’avais anticipé(la montagne je connais!), et il y avait une belle couche de poudreuse et nos bottes de neige ont été suffisantes, même si au bout de la gorge, des petits crampons auraient été un plus! Nous n’avons pas vu de grimpeurs, car certains viennent jusqu’ici pour gravir ces parois d’une dizaine de mètres. Une très belle découverte!

Il y a même un côté enchanteur dans ce lieu avec des arbres dignes de contes de fée ou de légendes…

Le jour de la marmotte

Le 2 février au Canada et aux USA, c’est la chandeleur( candlemas en anglais) pour les chrétiens, mais c’est aussi le jour de la marmotte ou Groundhog Day. Son origine est liée à celle de la chandeleur selon laquelle le clergé distribuait et bénissait des chandelles pour la fin de l’hiver. Les allemands ont étendu cette tradition en y associant tout d’abord un hérisson ou blaireau, les versions diffèrent( hedgehog et badger en anglais) qui est devenu a « groundhog », une marmotte avec l’arrivée des colons allemands en Pennsylvanie. La légende dit que ce jour là, la marmotte sort de son terrier, si elle voit son ombre, elle prend peur et retourne dans son terrier pour 6 semaines, le temps que durera l’hiver encore, si elle ne voit pas d’ombre, c’est que le printemps sera vite là…Il paraît qu’elle aurait vu son ombre ce dimanche…Et effectivement, la neige est revenue cette fin de semaine après un mois de janvier plutôt ensoleillé et agréable.

Rencontre avec Messieurs le Consul et le député d’Amérique du Nord.

Je suis cachée au fond…

Ce lundi, les français inscrits au registre des français résidant au Nouveau Brunswick étaient invités par Monsieur le consul accompagné par notre député de la première circonscription des français établis hors de France, à la salle des Arts de Dieppe. Nous avions reçu une invitation par mail. Depuis notre expatriation en Malaisie, nous sommes inscrits au registre des français vivant à l’étranger qui est valable dans tous les pays du monde à partir du moment que l’on est inscrit une fois. J’ai eu donc juste à réactiver notre compte à mon arrivée au Canada. C’est une obligation de s’inscrire à ce registre normalement, nous sommes 2 millions de français répertoriés vivant à l’étranger, mais le député nous a dit que tous les français n’étaient pas recensés et donc inscrits. Nous sommes 1050 au Nouveau Brunswick, donc environ 300 dans la région du Grand Moncton et environ 4000 dans les Maritimes( Nouvelle Ecosse et IPE inclus), certainement plus car Monsieur le député dit que les français ont tendance à se cacher et être moins impliqués dans leur communauté que d’autres immigrants comme les portugais ou les italiens.

Monsieur le consul, Johan Shitterrer au micro et M Roland Lescure, député.

Monsieur le consul, nous a annoncé qu’il avait pu sauver le consulat de Moncton, avec l’aide du député, qui devait fermer prochainement, et être rapatrié sur Halifax, et qu’il oeuvrait avec son équipe à renforcer les liens économiques et culturels avec la France. D’ailleurs il a même dit que si l’on connaissait des troupes ou animateurs culturels qui voudraient venir présenter des spectacles jusqu’à Moncton, qu’il était ouvert à toute proposition. J’ai trouvé que le député avait un profil atypique, après avoir était expatrié pendant 11 ans au Québec et ayant travaillé dans une banque( tiens, cela ne vous fait pas penser à quelqu’un..), il a voulu se lancer dans la politique( il a parlé de sa crise de la cinquantaine…) après l’élection de Trump et le Brexit, il a eu envie d’être de la partie. J’ai aimé son discours positif et pragmatique, bon il y a les élections consulaires en mai, mais quand même, il connaissait bien son sujet. Il a même dit qu’il ne fallait pas hésiter à lui faire part de bonnes idées que l’ on pouvait observer ici au Canada et qu’il pourrait rapporter à l’assemblée nationale( il y a 11 députés de l’étranger sur les 577). Bon, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, je pense que je devrais lui faire part des bonnes idées du système scolaire canadien…A l’issue de son discours, il s’est rendu disponible pour échanger avec les personnes ayant des problématiques particulières pendant le buffet très français, arrosé au champagne…payé par vos impôts…

Nous étions environ 70 à cette réunion, pas très jeunes dans l’ensemble, mais je pense que les jeunes ne viennent pas à ce genre de rencontres, surtout à 17 h…

Pour continuer avec le politique, le premier ministre du Nouveau Brunswick a aussi fait son discours de début d’année cette semaine et a fait des annonces intéressantes: il souhaite augmenter encore le nombre d’immigrants au NB en pensant de 7000 à 10 000 par an et faire venir des investisseurs étrangers ainsi qu’exporter plus de produits de la province vers l’étranger. Une dynamique qui fait plaisir à voir… mais il va falloir qu’ils rendent les formalités plus faciles…c’est ce que le premier ministre a d’ailleurs annoncé!

La légalisation du cannabis, un an après…

Les magasins gérés par le gouvernement jusqu’à nouvel ordre.

Depuis Octobre 2018, le Canada a fait le choix de légaliser la vente du cannabis et chaque province a été responsable de la mise en oeuvre. Le cadre prévoit :

• La Loi constituant la Société de gestion du cannabis établit par voie législative la Société de gestion du cannabis, une société de
la Couronne chargée d’assurer la surveillance, l’organisation, la conduite, la gestion ainsi que le contrôle de la vente au détail du
cannabis.
• La Loi sur la réglementation du cannabis contrôle la consommation et les pratiques d’usage du cannabis. Elle établit l’âge
légal pour acheter, consommer et cultiver du cannabis à 19 ans et énonce les restrictions générales sur la consommation et la
possession.
• La Loi sur le Fonds d’éducation et de sensibilisation en matière de cannabis établit un fonds pour appuyer la recherche et le
développement, la mise en œuvre ainsi que la prestation de programmes d’éducation et de sensibilisation visant la réduction des
méfaits et les pratiques de consommation responsable du cannabis.
• Des modifications apportées à la Loi sur la Société des alcools du Nouveau-Brunswick permettent à la Société des alcools
d’exploiter des installations de vente au détail du cannabis par l’intermédiaire d’une filiale, Cannabis NB.
• Des modifications apportées à la Loi sur les véhicules à moteur permettent de mettre sur pied un programme visant la conduite
sous l’effet de la drogue.

Je cite ci-dessus, le cadre légal tel qu’il apparaît sur le site du gouvernement du Nouveau Brunswick. Dans les faits, la province a fait le choix d’implanter pas moins de 20 magasins, dont déjà 3 sur la région de Moncton/Dieppe et d’employer 250 personnes pour gérer ces magasins, pour une population totale de moins de 800 000 habitants…sachant que la loi prévoit l’âge légal à 19 ans…Pas besoin d’avoir fait une école de commerce pour se rendre compte que déjà, il y a un hic sur le nombre d’employés et de magasins…

Aujourd’hui, effectivement, le bilan est très négatif, le gouvernement perd énormément d’argent, les clients ne viennent pas vraiment dans ces magasins pour différentes raisons, dont le prix…Un reportage à la radio cette semaine expliquait que le gramme de cannabis se vend autour de 11$ en magasin contre 5/6 $ au marché noir…Une des premières raisons de cette légalisation était en effet de contrôler le marché noir, mais une fois encore, les calculs ne sont pas bons. Il existe également un problème d’approvisionnement dans ces magasins auprès des producteurs. La production est d’ailleurs légale, même si très encadrée, il y a même une nouvelle tendance à faire du cannabis local…de meilleure qualité dans des petites exploitations. Le NB mise beaucoup sur cette production, ainsi que la production à des fins pharmaceutique, pour relancer l’économie. Mais le pari est loin d’être gagné, à l’heure actuelle, le gouvernement recherche des entreprises privées pour racheter les 50 magasins, les pertes sont trop lourdes…Encore une décision politique, mal anticipée…D’après les journalistes, les autres provinces ont fait des choix plus judicieux.

Selon Statistiques Canada, il y aurait environ 15 à 20% des canadiens de plus de 15 ans, selon l’âge et les provinces, qui consomment du cannabis à des fins récréatives ou thérapeutiques. On en trouve maintenant dans les alcools, voire de cookies… Je ne trouve pas pour l’instant les chiffres concernant la consommation, si celle -ci a augmenté ou pas depuis la légalisation, j’ai tout de même lu que la consommation des séniors avait augmenté…

Pour comparaison, un article de France info, annonce en 2018 que le pourcentage de consommateurs en France s’élève à environ 11 % atteignant 26% chez les jeunes…Mais, je pense que nos statistiques sont peut être moins fiables.

Les sports d’hiver au bout de la rue…

Vivre au Canada l’hiver, c’est comme vivre dans une station de ski des Alpes, avec ses grosses quantités de neige, ses journées blanches, ses conditions de circulation et surtout la joie des sports d’hiver! Nous avons eu un bel aperçu cette semaine de toutes ces facettes. Des chutes de neige abondantes, passant d’une couche de 15 centimètres à environ 80 cm, des températures glaciales ce vendredi et samedi atteignant les – 21° C, une journée blanche ce dimanche, qu’ils appellent ici » storm » ou tempête et une belle journée ensoleillée ce samedi, l’occasion enfin de profiter de la neige fraîche! Et quel plaisir de voir les parcs autour de Moncton et Dieppe, proposer tout un tas d’activités sportives: ski de fond, raquettes, VTT sur neige, patinoire pour patiner ou pour hockey, cours de ski de fond pour les enfants, pistes de luge aménagées, balades en traineaux à chien ou cheval, gratuites pour la plupart, et les locations sont souvent proposées sur place, de quoi de bien occuper nos week-end hivernaux en espérant que les jours de tempête se feront rares les week-end…

Pour la patinage, on verra… car ici, ils ont tous un excellent niveau et tout le monde a une paire de patins à la maison, ils doivent même commencer à apprendre à patiner avant même de marcher! Le hockey est le sport national, le foot des neiges, quoi! C’est vraiment chouette de voir les enfants jouer au hockey sur les patinoires aménagées, les patins remplacent les crampons, et ils vont très vite! Ici tous les enfants font partie d’une équipe quasiment, filles et garçons confondus, chaque ville a son équipe et le lundi dans les classes on commente les exploits des équipes junior ou sénior…

Pour le ski de piste, il faut aller plus loin, il y a une petite station à côté de la ville de Sussex, à environ 1 heure de Dieppe, vers Petitcodiac, on peut y faire du snowboard et du ski alpin et aussi à 3 heures au nord en direction du Québec, il y a une station plus importante, dans le parc du Sugarloaf( le pain de sucre, comme à Rio!) près de Campelton. On espère pouvoir chausser les skis alpins avant le printemps!

Journée blanche, ce dimanche et l’accumulation de neige sur le balcon et devant les fenêtres…

Piste de skating et ski de fond, dans le parc au bout de la rue…
L’autoroute, la transcanadienne, un matin de la semaine pour aller à l’école…En général, une seule voie bien dégagée, donc pas de zèle!
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