Je n’avais pas pris le vol le plus direct pour nous rendre à LA et y passer la semaine de March break, mais le moins cher…Mais, finalement traverser tout le Canada jusqu’à Edmonton en Alberta pour ensuite rejoindre Los Angeles valait le détour. Le survol des paysages grandioses et hors du commun est un spectacle à lui tout seul. De Halifax, il faut compter 5 heures de vol jusqu’à Edmonton. On survole le Nouveau Brunswick, puis le Saint Laurent et Québec, et des rivières et des lacs gelés, et des forêts à perte de vue. Quelles étendues! Puis, le paysage change, lorsqu’on arrive au-dessus de la région des prairies, comme on l’appelle ici. Des provinces au nom peu connus en Europe, le Manitoba, le Saskatchewan, l’Alberta. C’est plat, plat, plat. Couvert de neige à cette époque de l’année, mais malgré tout on voit bien les parcelles immenses dessinées parfaitement et les fermes aux silos argentés. C’est la région qu’on appelle le grenier du Canada, où l’on cultive intensément, blé, lentilles, soja, mais et autre céréale.
Le décor change à nouveau complètement quelques minutes après le décollage de Edmonton. Les Rocheuses canadiennes tout d’abord, grandioses, enneigées et sauvages. puis 30mn plus tard, on laisse les Rocheuses dernière nous, pour découvrir un paysage hors du commun, difficile à décrire, un paysage lunaire, comme un désert de roches volcaniques sans aucune végétation, avec des canyons creusés dans la roche, et une large rivière le traversant , la rivière Columbia. C’est à l’est de l’état de Washington, une région appelée les Channeled scablands un phénomène géologique unique, qui contraste avec d’autres paysages plus communs et plus verts, quoiqu’un peu insolites, aussi, des cultures en rond dessinées au compas, les pivot circles en anglais, une méthode d’irrigation en cercle, je me demande d’ailleurs comment ils font pour créer de si belles formes géométriques! Du ciel, on voit des cercles de partout. Et au loin, on peut apercevoir les Rocheuses californiennes, avec des volcans se détachant de la chaîne de montagnes. Quel contraste!








Puis on change de décor encore en survolant l’Oregon, des monts couverts de sapins et des lacs aux couleurs irréelles, vert, argenté, marron.
Et on commence à descendre au-dessus des plaines de culture à nouveau avant d’arriver sur les collines plutôt verdoyantes autour Los Angeles, parsemées de serres en plastique ou verre, avant d’aller tourner au-dessus du Pacifique et descendre sur la ville de LA, une étendue de béton à perte de vue qui impressionne vue du ciel! Quelle variété de paysages en une journée, notre terre est belle!





Santa Monica, Venice beach et downtown LA
Une fois au sol, nous avons pu visiter les lieux emblématiques de LA, grâce à Uber! Quelle belle invention, que c’est facile aujourd’hui de se déplacer! C’est vraiment l’idéal en famille pour découvrir une ville, côté budget, vraiment rentable à plusieurs, et cerise sur le gâteau nous avons pu traverser une partie de Beverly Hills dans une belle jeep noire…
Venice Beach fait partie de ces lieux symboliques, une plage très longue, des vagues pour les surfeurs, des palmiers. Un riche industriel avait voulu créer une ville de villégiature semblable à Venice au 19eme siècle et toute la bourgeoisie américaine y avait sa villa. Il y fit créer des canaux et des villas de style vénitien. Cette ville a vraiment connu depuis sa création des hauts et des bas, chaque décennie apportant son lot de grandeur ou décadence… Le bord de mer aujourd’hui ou le Boardwalk est choquant, des centaines de sans-abris y ont élu domicile, arborant à la vue de tous, sur le sable et les pelouses, leurs tentes, leurs chariots plein de bric à broc, leur misère sociale et leur déchéance, pour le touriste non averti, attention au choc! Ça sent la marijuana à plein nez, on peut en acheter librement, on y trouve aussi des musiciens de rue ou artistes de rue, en fait plutôt des sans-abris qui essaient de s’occuper comme ils peuvent. Il y a aussi encore des surfeurs et des skaters au milieu de tout ce monde et quelques bodybuilders (c’est sur Venice Beach qu’est né le body building, avec la fameuse muscle Beach) et sportifs poussant le culte du corps à l’extrême.. Cette ambiance très contrastée est plutôt dérangeante, et on la retrouve aussi dans certains quartiers de LA, comme sur Hollywood Boulevard qui eut aussi ses années de gloire et qui est tombé bien bas…












En s’éloignant de la plage, le quartier des canaux et la rue de Abbot Kinney ont conservé les fastes de la belle époque, avec des maisons de plusieurs millions de dollars et des voitures Tesla à tous les coins de rue.





En remontant au nord de Venice Beach, on arrive par le bord de mer à Santa Monica, beaucoup plus manucurée et opulente. C’est une belle ville au bord du Pacifique, avec son célèbre Pier et couchers de soleil. Le centre-ville y est agréable, avec ses restaurants vegan et bio, ses studio de yoga et son ambiance Surf and Beach.







La ville de Los Angeles vue d’en haut coupe le souffle. Quatre million d’habitants dans le centre, 13 million avec l’agglomération, la 3eme ville la plus grande au monde après Tokyo et New York. Coincée entre les montagnes et le Pacifique, on dirait que le moindre espace a été bétonné. Mais une fois dans la ville, les grandes avenues, les palmiers, la verdure, les fleurs multicolores, les maisons basses, les immenses plages et les collines la rendent plus agréable. Nous avons fait le tour classique. Tout d’abord, Hollywood Boulevard, avec ses étoiles, ses empreintes au sol et son fameux Chinese Theatre et là même impression qu’il y a lors de mon dernier passage, il y a 25 ans(!), cette avenue n’est vraiment pas à la hauteur de son passé glorieux. Une fois de plus, un repaire de SDF, de profiteurs de touristes naifs, sale et dérangeante. Nous ne nous y sommes pas éternisés, il n’y avait même pas l’étoile de Brad Pitt, ni de Obama!!















Nous sommes allés retrouver un peu de verdure sur la colline de l’observatoire de Griffith, un parc magnifique d’où l’on surplombe toute la ville, du Pacifique aux Rocheuses en arrière plan et d’où aussi on peut approcher les emblématiques lettres blanches. Un point de départ de belles randonnées pour les Angelins en soif de nature et point d’observation du ciel et de vulgarisation de l’astronomie.
L’histoire de l’observatoire est un énième témoin du rêve américain, Griffith Jenkins Griffith, un gallois d’origine a fait fortune dans l’industrie minière californienne, après être arrivé pauvre sur la côte Est. Il a d’abord voulu offrir un parc la ville de Los Angeles au début du 20eme siècle, le parc qui porte son nom, un îlot de verdure et de nature. Puis à sa mort, après une vie de bâtons de chaise, il aurait même tiré à bout portant sur sa femme alors saoul, il a légué son argent à la ville qui a fait construire l’observatoire en 1935, aujourd’hui musée et lieu de conférences ou de rencontres pour observer le ciel et les étoiles, les vraies cette fois-ci! Un portrait se trouve dans l’observatoire, à côté du pendule de Foucault ( eh oui le même qu’au Panthéon, à Paris!), accompagné d’une citation qui semble encore tellement vraie
dans le contexte actuel…«si toute l’humanité regardait dans ce télescope, cela changerait le monde».












Les lettres d’Hollywood sur la colline à l’arrière de l’observatoire ont elles aussi une histoire rocambolesque.
Installées à la fin des années 20, pour faire de la publicité pour du terrain à bâtir, il était alors écrit Hollywood land, elles ont été changées plusieurs fois, soit parce que laissées à l’abandon, soit par ce que vandalisées. Elles mesurent aujourd’hui 13 mètres de haut, sur 120 mètres de long. On peut s’approcher encore aujourd’hui des lettres, après une montée de 4 km, où l’on vous conseille d’apporter beaucoup d’eau, mais un périmètre de sécurité a été installé, avec du barbelé, car il y a eu trop de vandalisme, soit des lettres ont été masquées par plusieurs fois dans le passé pour former le mot Hollyweed( cannabis) ou Ollywood au moment de l’affaire de l’Irangate faisant référence à l’officier Oliver North, soit des téméraires ont sauté du haut des lettres, une actrice s’y serait même suicidée dans les années 40, son contrat n’ayant pas été renouvelé…Quel lieu fascinant!
Nous avons fini notre tour par le quartier de Beverly Hills, et les rues de boutiques de luxe, rendues, en autre, célèbres par le film Pretty Woman, qui fête ses 30 ans cette année! Pas de Richard Gere ou de Julia Roberts, mais des voitures de luxe à gogo et des boutiques bien vides, mais magnifiques, des villas somptueuses également et beaucoup de verdure.










Quels contrastes cette cité des anges et on peut se demander où sont les anges, d’ailleurs, car entre misère et ostentation, ne pourraient-t-ils pas y remettre un peu d’ordre et de justice?
Et c’est bien, cette impression qui restera de notre séjour, des paysages magnifiques, un climat très agréable, des lieux emblématiques, mais entachés par une réalité économique inquiétante( et des odeurs de cannabis insupportables!) dont tout le monde a l’air de s’accommoder et qui dure depuis plus de 30 ans, depuis les années Reagan qui ont fait basculer l’Amérique dans cette fracture sociale, suite aux réformes fiscales qui ont enrichi les riches et appauvri les pauvres…L’Amérique de Trump doit régler un certain nombre de problèmes avant de retrouver toute sa grandeur!

Nous avons fini notre séjour entre shopping, plage, flânerie et cafés et restaurants avec ma nièce, qui fait ses études au Santa Monica College. Nous avons préféré Santa Monica, d’ailleurs, une ville balnéaire à taille humaine, avec une ambiance décontractée et sportive, entre surf et jogging, et une scène gastronomique très tendance, entre bio, vegan, sans gluten et influences multiculturelles.














Retour à la réalité un peu difficile, -7 ce matin à notre arrivée à l’aéroport, de la neige et même si elle fond et on commence à voir le dégel des rivières , il va falloir encore attendre un bon mois, avant de voir les premières fleurs et bourgeons..



















































































