Parcours Sup? Connais pas!

En cette période de stress et de décisions importantes pour les futurs bacheliers français, copains et copines des filles et anciens élèves, je ne peux m’empêcher de comparer nos deux systèmes et quelles différences!

En effet, ici, le système est rôdé depuis longtemps, semblable au système américain et système anglophone en général.

Pas de stress vraiment, tout se joue beaucoup plus tôt, finalement. Dès la 11ème année, l’équivalent de notre première, les élèves cumulent des crédits aux cours obligatoires( anglais, histoire du Canada, bureautique, français, dans l’école des enfants par exemple) et continuent en douzième année( ou terminale) avec encore 4 ou 5 matières. L’objectif étant d’obtenir la graduation, en capitalisant un ensemble de crédits avec plus de 55% de moyenne sur l’ensemble des cours obligatoires ou ceux choisis dans un menu. Ces crédits sont des notes sur 100 obtenues aux évaluations du semestre en contrôle continu. Chaque évaluation représente un pourcentage de la note finale avec les tests de la dernière semaine des 2 semestres, en janvier et mai. Tout est fait pour que l’élève réussisse et obtienne ses crédits, et les professeurs n’hésitent pas à refaire faire les évaluations ou donner des bonus pour obtenir les crédits ou appeler les parents pour savoir si l’ enfant aurait besoin d’un petit coup de pouce pour augmenter une note pour l’université qu’il a choisie… Du coup, c’est la raison pour laquelle tous les élèves obtiennent la graduation finale, le diplôme remis lors de la fameuse cérémonie en toge et en toque, rendue populaire par les séries ou films américains. Alors, comment se fait la sélection pour les universités? Eh bien, c’est une décision que les lycéens doivent prendre assez vite dans leur cursus, dès la seconde( la deuxième année du lycée ici). Il doit se créer son propre parcours en choisissant les cours qui l’amèneront aux études voulues. Comme il n’existe pas de lycées professionnelles ou autres établissements privés, tous les élèves d’une tranche d’âge se retrouvent au lycée, mais le choix des cours y est beaucoup plus varié. De l’ébénisterie à la cuisine, en passant par la musique et le théâtre, sans oublier les matières plus générales, et aussi, le fameux cours pour apprendre à s’occuper d’un bébé, avec les faux bébés que les lycéens ramènent à la maison dans un maxi-cosi et qui est programmé pour pleurer au milieu de la nuit!!!

C’est le choix des matières qui fera qu’un élève poursuivra( ou pas d’ailleurs, 70 % continuent leurs études, moins aux USA encore)plus en college( études post-secondaires pratiques et professionnalisantes) ou à l’université. L’admission y est plutôt logique. Dès le mois d’octobre les finissants, comme on les appelle ici, doivent faire une demande d’admission à l’université de leur choix, ils peuvent faire jusqu’à 3 demandes, mais en général si l’élève s’est bien préparé, une suffit(le coût d’une demande d’admission s’élève à environ 100$). Le choix de l’université est soit géographique, soit sélectif. Les élèves ici au NB choisissent majoritairement l’université la plus proche pour pouvoir continuer à vivre chez leurs parents. Mais, dans les grandes villes et selon les ambitions des futurs étudiants, ils peuvent faire une demande dans des universités plus prestigieuses et c’est les notes obtenues en première et sur condition d’obtention de notes au-dessus de 80% pour certaines, jusqu’à 95% dans certaines matières pour les universités les plus prestigieuses comme McGill à Montréal ou l’université de British Columbia à Vancouver, classées parmi les meilleures mondiales. Idem, pour les études de médecine, c’est les notes obtenues au lycée qui vont permettre aux lycéens de s’inscrire dans en médecine et c’est la première année qui sera déterminante avec 50% de la note finale reposant sur… un entretien!!!

Et le coût dans tout cela? Beaucoup moins cher qu’aux USA, c’est sûr! Entre 5000€ et 10 000€( pour des études plus spécialisées comme la médecine par exemple) pour les frais de scolarité annuels. Plus cher dans les universités prestigieuses, auxquels il faut ajouter le logement. Il faut savoir que la France a des accords avec le Québec et que les lycéens français bénéficient de tarifs préférentiels, très intéressants, car les tarifs pour les non-résidents sont très élevés sinon!

Il existe aussi un système de bourses très bien organisé. Tout au long de l’année de terminale, les élèves peuvent faire des dossiers de bourse, soit des bourses au mérite, pour des élèves brillants, mais pas seulement, il y a toujours un critère communautaire, sportif ou caritatif associé au profil du candidat boursier, soit des bourses pour financer des élèves ayant de modestes revenus. Chaque semaine, je reçois des annonces de candidature pour des bourses, le montant pouvant varier de 100 000$(!) à quelques centaines de dollars, ces bourses proviennent de fonds privés, de canadiens qui ont légué leur argent pour que certains étudiants en bénéficient, ou des banques et bien sûr la province offrent aussi des bourses. Du coup, il est facile de commencer ses études avec un petit pactole, il existe aussi un système d’épargne pour les études subventionné par la province que l’on peut ouvrir dès la naissance de l’enfant jusqu’à ses 15 ans. Les universités également offrent des bourses soit à l’entrée, soit pendant le cursus universitaire. Et aussi, il faut le noter, tous les jeunes ici ont un petit travail dès leur 14 ans, cela fait partie de la vie d’un adolescent, et c’est très facile de trouver à faire quelques heures par semaine, dans les supermarchés, restaurants ou autre commerce.

Voilà, finalement, avait-on vraiment besoin de créer cette usine à gaz de Parcours-Sup en France? Il y avait certainement d’autres solutions plus logiques, égalitaires et justes…

Petit bémol dans ce tableau presque parfait, cette semaine une étude est sortie démontrant que les étudiants canadiens ont du mal à faire face au rythme et au travail exigé dans les universités, 70% se disent stressés ou anxieux. Et c’est vrai, finalement les années lycées étant plutôt faciles et sans pression, les étudiants ont du mal à gérer la charge de travail et les échéances à respecter…Le travail universitaire reposant essentiellement sur des lectures et recherches et travail personnels, ainsi que sur des compte-rendu, et des évaluations sélectives, le changement est brutal…

Les températures remontent et passent au dessus de 0, 9 degrés cet après-midi! Et températures positives annoncées toute la semaine, nous en avons profité pour aller voir l’océan gelé et la plage de neige, avant qu’il ne dégèle…

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