Les Premières Nations canadiennes

C’est le nom donné aux autochtones canadiens, autre terme qui désigne ceux que l’on appelle encore les Indiens d’Amérique en Europe. L’histoire de ces peuples est tourmentée et en même temps fascinante. Tout  comme les aborigènes d’Australie ou de Malaisie, les hommes fleurs de Sumatra et les native Americans aux USA,leur histoire et culture sont semblables à tous les peuples indigènes ou minoritaires à travers les âges.

Il existe 6 groupes distincts de peuples autochtones au Canada, avec des traditions et cultures différentes, en lien direct avec leur environnement et les régions d’origine. Certains pêcheurs, d’autres chasseurs, certains nomades, d’autres sédentaires. Ici, au Nouveau Brunswick, on parle du  groupe des Premières Nations des régions boisées, composé de plusieurs tribus dont les Mi’kmaq. Près de Dieppe, il existe encore aujourd’hui une réserve, appelée la réserve de Fort Folly, un territoire que de nombreux traités depuis l’arrivée des colons au 16eme siècle, ont défini comme appartenant aux premières nations ( quelle ironie !). C’est une petite réserve d’une cinquantaine d’habitants, comme un petit village en fait, avec ses propres commerces et services et une école élémentaire. Il en existe de nombreuses à travers tout le Canada et également d’autres au Nouveau Brunswick. Nous y sommes allés par curiosité, mais aussi parce que des associations tentent de conserver la culture de ces premières nations, et par exemple dans la réserve de Fort Folly, il existe des sentiers aménagés avec des panneaux expliquant les plantes médicinales utilisées pour se soigner et les traditions ancestrales. C’est un sentiment étrange que de se rendre dans ces réserves, un peu le même ressenti que j’avais eu aux USA en traversant les réserves Navajo, impression d’isolement, d’abandon de pauvreté et en même temps un cadre naturel qui semble préservé. Mais même constat qu’aux USA, malheureusement, de nombreux mobil homes en mauvais état faisant office de maisons, des jardins mal entretenus. Quand on connait l’histoire de ces peuples, si sages, respectueux de la nature, aux valeurs et organisation sociale saines, et ce que les colons blancs en ont fait, c’est vrai que cela laisse une impression étrange et gênante !

Comme tous autres peuples aborigènes, les colonisateurs blancs ont été sans pitié au Canda, profitant d’eux tout d’abord au 17eme siècle, puis essayant de les assimiler ou les assister et infantiliser, ensuite, notamment avec les pensionnats indiens, dont j’ai déjà parlé plus haut. De nombreux traités ont été signés en leur défaveur jusqu’au milieu 20eme siècle, un des traités s’appelait d’ailleurs, l’Acte des Sauvages… Sans parler des ravages de l’alcool et de la perversion des colons. A partir des années 1960, différentes communautés autochtones ont commencé à s’organiser, des chefs ont pris la parole et ont demandé des comptes. De nombreux procès ont eu lieu et le gouvernement canadien a entamé sa politique de réconciliation et de reconnaissance de leur identité et légitimité. Il a fallu attendre 2008, quand même, pour que le premier ministre fasse des excuses publiques aux victimes des pensionnats indiens. Aujourd’hui, le gouvernement du Canada travaille en partenariat avec les Premières Nations, en cette ère de réconciliation, pour renforcer les collectivités autochtones. Ce travail de collaboration essentiel a lieu partout au pays dans divers domaines relatifs aux Autochtones, tels que l’économie, l’éducation, la gouvernance, les services sociaux, les droits de la personne, la culture et le règlement des revendications territoriales en suspens. Il existe aussi la journée des Autochtones le 21 juin, jour du solstice d’été, un jour symbolique pour les premières nations. Des associations tentent de préserver la langue, la culture, les traditions de pêche et de sauvegarde de l’environnement (dans leurs traditions par exemple, on chante une chanson aux ours avant de les tuer, pour les remercier de fournir de la nourriture pour la tribu, on danse aussi au moment de la saison de pêche du saumon. Les écoles élémentaires dans les réserves enseignent les traditions en même temps que les programmes institutionnels. Les élèves autochtones ont droit à des bourses spécifiques, il y en a quelques-uns dans l’école des enfants. Les réserves ont leur propre organisation politique, avec un chef à la tête du conseil. Mais attention, pas un chef avec un calumet et des plumes, celui de Fort Folly a un sacré parcours ! Il a été élevé dans la réserve et initié aux traditions Mi’kmaq, puis fait ses études à l’étranger et a voyagé dans le monde entier, il aussi servi dans l’armée américaine et s’est lancé sur le tard dans la politique ! Aujourd’hui, il défend les droits des autochtones  et œuvre pour le respect des traditions et de la culture de Fort Folly.

Les sentiers dans la réserve
Vue de la chapelle…
La rivière Petitcodiac à proximité de la réserve de Fort Folly, ressource importante des Mik’maqs au temps des traditions ancestrales.

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