

Nous avons profité du week-end de la journée du souvenir pour passer deux jours à Halifax. Notre première visite furtive nous avait vraiment plu et nous avions envie d’en voir plus. Même s’il avait beaucoup neigé la veille, la météo annoncée était plutôt clémente et les routes assez bien dégagées…Je dis assez bien, car je ne trouve pas que le service de déneigement soit aussi efficace qu’on le pense. D’un, pour quelques centimètres, ils ne prennent pas la peine de sortir et de deux, quand le chasse-neige passe, je trouve qu’il reste encore beaucoup trop de neige sur les voies en ville et sur l’autoroute aussi! Bref, on verra bien au creux de l’hiver, mais je pense que cela va être très sportif de faire 100 km par jour même avec les pneus neige..
Pour revenir à Halifax, c’était aussi la dernière sortie éloignée de Moncton, avant l’hiver, car avec la description de l’hiver qu’on me fait, je ne préfère pas m’aventurer trop loin avant mars…L’hibernation a du bon aussi!
Même si Halifax n’est qu’à 2 h 30 de Moncton, le climat y est différent, la température beaucoup plus clémente et il n’y avait peu de trace de neige, il faut dire que la Nouvelle Ecosse est presqu’une île quand on regarde la carte.
C’est une ville de 450000 habitants, résolument tournée vers l’océan et l’Europe par son histoire et son économie. Elle est aussi très britannique dans son architecture et sa culture. Même si la Nouvelle Ecosse a appartenu aux français pour un temps au 18eme siècle, les britanniques ont fini par l’annexer suite à de nombreuses batailles sanglantes et aujourd’hui on se croirait dans une ville du Royaume-Uni. C’est une ville et un port à l’histoire tourmentée et mouvementée. Tout d’abord avec l’île St George au milieu de la baie où les acadiens ont été torturés et déportés dans vers la France ou les colonies américaines, puis le port qui a vu un nombre de naufrages incroyables, dont la catastrophe de l’explosion du navire le Mont Blanc chargé de munitions en partance pour l’Europe en 1917 dont j’avais parlé plus haut et le sauvetage du Titanic, car c’est de Halifax que sont partis les secours cette fameuse nuit du 14 au 15 avril 1912. Nous avons pu cette fois visiter le musée de la marine dont une partie est consacrée au sauvetage du Titanic et des jours qui ont suivi. Quand on regarde la carte, l’épave se situe finalement assez proche de Halifax. Si le musée du Titanic de Belfast retrace le côté doré de la traversée, les fastes et la réussite des compagnies maritimes White Star line et Cunards le musée de Halifax est beaucoup plus sombre et même dérangeant. Même si l’exposition est relativement petite, j’ai dû abréger ma visite car je me sentais mal et la nausée me guettait…Voir ces objets ayant appartenu à des bébés, ou ces photos des nombreux corps repêchés les jours qui ont suivi le naufrage ou encore des témoignages des survivants, bref cette histoire reste bouleversante, même après toutes ces années.





Le musée relate également, le nombre important d’épaves qui se trouvent dans le port ou au large. Il ne faut pas oublier non plus, que le port était la seule porte d’entrée du Canada au 19eme siècle et tout comme Ellis Island à New York, le Canada a aussi son »pier 21″, sa jetée, où ont accosté des milliers d’immigrants.





La ville est aussi très fière de sa citadelle, décrite comme l’un des plus grands trésors de l’histoire du Canada, bon, on retrouve bien dans ces termes le chauvinisme anglo-saxon, parce que franchement, elle n’a rien à envier à nos magnifiques citadelles, je pense à l’ingénieuse et incroyable citadelle de Besançon par exemple…





Le centre ville de Halifax est intéressant par son mélange d’architecture moderne et ancienne et sa longue promenade en bois le long du port, certainement très animée l’été au vu du nombre de restaurants et d’animations proposées. C’est aussi un point de passage obligé si l’on veut découvrir les belles plages et côtes du sud de la Nouvelle-Ecosse. Encore des lieux à ajouter à ma liste…












Et pour finir, nous avons appris que ce mecredi 13 novembre, Halifax accueillait, ni plus, ni moins que l’ancien président des USA, Barack Obama, pour une conférencen à guichet fermé( les 9000 places se sont vendues en juin en 20 minutes…) Après Vancouver, Calgary et Montréal, le président avait finalement accepté l’offre du conseil des associations pour venir parler de son parcours et partager ses idées. Une partie des billets d’entrée avait été offert à jeunes ou étudiants méritants. C’est la deuxième fois, après Kuala Lumpur, que je me trouve dans un endroit où Obama se rend…peut être que la prochaine fois, je pourrai le rencontrer!


