
C’est ainsi qu’on appelle le 11 novembre au Canada qui ne commémore pas seulement la fin de la première guerre mondiale mais toutes les guerres dans lesquelles les soldats canadiens sont intervenus et on peut dire que l’on oublie un peu l’effort de guerre de nos alliés canadiens en Europe… Et ici, on ne rigole pas avec le jour du souvenir. Depuis quelques jours on a vu apparaître des petits stands tenus par des anciens combattants ou des jeunes vendant le petit coquelicot rouge(la fleur qui ne meurent jamais sur les champs de bataille) emblème des commémorations du souvenir dans les pays anglophones. On a vu également beaucoup de personnes arborer ce symbole que l’on doit épingler à gauche, sur le coeur. En France, c’est le bleuet que l’on utilise, mais il me semble que cette tradition se perd un peu. Je me souviens d’un temps où petite, je vendais des autocollants avec des bleuets lors de la cérémonie du 11 novembre sur la place de mon village avant le discours de mon grand-père, maire à l’époque…
Dans les écoles, des cérémonies ont lieu, un peu moins protocolaires du côté des écoles francophones, mais plutôt très formelles dans les écoles anglophones comme la mienne. On retrouve le goût pour protocole des anglais… A 10 h, tous les élèves avaient rendez-vous dans le gymnase avant l’arrivée des « officiels » pour qui on avait déplié le tapis rouge. Une fois les élèves installés, les invités ont pu entrer avec Mme le proviseur sur son 31. Il y avait des vétérans, des anciens combattants qui restent très actifs dans la communauté avec un bâtiment qui leur est dédié dans chaque ville et village et qu’on appelle la légion, le révérend( eh oui pas de laïcité ici…), le maire, le chef des pompiers, 3 représentants des élèves et des professeurs. Un petit monument aux morts démontable avait été installé au centre avec le nom des vétérans depuis la première guerre mondiale, des élèves engagés dans des activités citoyennes l’entouraient, pendant que d’autres sont entrés avec les différents drapeaux( le Canada, l’Union Jack, celui du NB et de la ville). La petite fanfare des élèves a joué l’hymne national. S’en est suivi le discours de Mme la proviseur, la bénédiction du révérend( au début et à la fin de la cérémonie), puis le discours d’une enseignante du primaire dont les parents néerlandais ont immigré au Canada dans les années 80 et qui a lu des passages du témoignage de son grand-père prisonnier pendant la deuxième guerre mondiale. Les élèves de 4eme ont tous récité le célèbre poème du soldat canadien John McCrae, In Flanders’ Fields qu’il aurait écrit pour la petite cérémonie funéraire improvisée pour son ami mort au combat lors de la bataille de Ypres en Belgique.

Le professeur de musique a ensuite chanté avec quelques élèves Hallelujah de Leonard Cohen, des enfants du primaire ont également chanté, puis une vidéo rappelant toutes les guerres depuis 1914 a été diffusée. Avant de clore la cérémonie, des gerbes( en plastique, bien moins jolies que les nôtres..) ont été déposées sur le petit monument aux morts par des représentants de la légion, le révérand, 3 élèves, 3 professeurs et les noms des victimes de Petitcodiac ont été lus. J’ai été surprise de voir la liste importante des victimes de la première guerre mondiale( village qui compte environ 1400 habitants aujourd’hui).



Les élèves ont été très respectueux lors de cette cérémonie et leur sens du protocole me fait sourire car bien souvent ils ne savent pas pourquoi ils doivent se souvenir…Ils ne savent en effet pas grand chose des deux premières guerres mondiales, ont du mal à situer dans l’histoire, ont à peine entendu parler des tranchées et ne savent même pas où se situe le mémorial de Vimy…( En Allemagne ou Australie pour certains..) C’est vrai qu’ici il n’y a pas de cours d’histoire avant la seconde…Ils ont au collège une matière qui s’appelle sciences sociales( que j’enseigne en français pour certains, mais qui reste très générale). Cela a été pour moi l’occasion de faire un peu de culture générale, en présentant le mémorial avec des vidéos. Ce monument est surprenant, 27 mètres de haut(quand même) et la symbolique intéressante. Les 117 hectares où se trouve le site appartiennent au Canada, la France a offert ce bout de terre au Canada. Comme je l’ai dit à mes élèves, il y a un petit bout du Canada dans le nord de la France…Ce à quoi un élève m’a répondu: « mais ce n’est pas marqué sur la carte de France »…et un autre a fait remarquer également, sur le ton de la plaisanterie qu’il n’y avait pas un Tim Hortons’, en gros le Mac Donald canadien qui se trouve à tous les coins de rue et dont les canadiens sont très fiers…
Bref, je vais profiter de ce long week-end pour préparer une présentation sur mon arrière grand-père mort en 1917 dans les tranchées avec les quelques photos qui restent dans la famille, ils seront, je pense, intéressés.
Ce lundi auront lieu des cérémonies en ville, si la neige cesse de tomber…Elle a fait son apparition aujourd’hui, mais les gens d’ici disent que la neige ne reste jamais bien longtemps avant Noël, on verra…
