
Février est le mois de l’histoire des Noirs aux USA et au Canada. Tout le mois de février est consacré à l’héritage historique de la communauté afro-américaine. De nombreuses manifestations culturelles ont lieu dans les écoles, universités, musées et municipalités. L’histoire des noirs canadiens est peut-être un peu moins brutale et mouvementée que celles des USA, mais tout aussi passionnante. Beaucoup d’esclaves, d’ailleurs, sont venus se réfugier au 18 et 19eme siècle au Canada, fuyant les lois esclavagistes inhumaines des Etats-Unis. Leur sort n’a pas été plus rose au Canada et de nombreux évènements sombres sont venus entacher l’histoire canadienne. Telle Rosa Park dans les années 50, aux USA, Viola Desmond, une néo-écossaise, à qui on a refusé une place de cinéma dans le balcon d’une salle de théâtre, en 1946 et que l’on a trainé violemment pour la faire sortir, a également lutté pour la fin de la ségrégation. On la trouve aujourd’hui sur les billets de 10$. Même si beaucoup de chemin a été parcouru depuis et que le Canada est souvent cité pour son multiculturalisme et sa mosaïque ethnique, il reste encore à faire. Un reportage, sur Radio Canada, cette semaine, indiquait qu’au N B, aucune personne noire n’officie dans les hautes sphères du gouvernement et de l’administration. Le « plafond de verre » ou l’absence d’ascenseur social, existe toujours, et dans cette province, restée pendant longtemps loin du brassage multiculturel comme on peut le trouver à Toronto ou Montréal. Et je me faisais la réflexion encore cette semaine, dans mon école, le nombre d’enfants d’origine asiatique, amérindienne ou noire se compte sur les doigts des 2 mains pour 600 élèves ! Même si la venue en nombre d’immigrants d’Afrique francophone change peu à peu le visage de la population du NB, on sent qu’un certain conservatisme a du mal à se faire à cette nouvelle réalité.


