C’est le drame pour des dizaines de milliers de jeunes à travers les pays anglo-saxons: il n’y aura pas de bal de promo, ni de remise des diplômes cette année dû à la crise sanitaire !
Inimaginable et impensable pour des générations de « grads », le nom que l’on donne aux élèves de la dernière année des high schools, car si pour les francophones cette tradition, largement diffusée et édulcorée par les séries américaines, semble plus appartenir au folklore, j’ai réalisé en vivant ici qu’il s’agissait bien plus que cela, c’est en fait un vrai rite de passage pour tout une classe d’âge ! Je n’ose imaginer le choc de tous ces élèves quand on leur a annoncé qu’il n’y aurait pas de festivités en fin d’année. Même le ministre de l’éducation, ici au NB, s’est mis en scène dans son bureau avec des banderoles et des ballons de baudruche pour dire à quel point il compatissait avec les « grads » et qu’il ferait tout pour trouver un moyen pour que cette expérience d’une vie ait lieu !
Et ce n’est pas seulement les adolescents qui sont bouleversés par ces décisions, mais les parents aussi. Une de mes collègues est en pleurs à chaque fois que l’on évoque le sujet en réunion virtuelle, car sa fille est en douzième année ou terminale. Des générations de canadiens et d’américains ont vécu cet évènement, quasi aussi important qu’un mariage, voire plus ! Un évènement qui rythme toute la scolarité en fait, un aboutissement et le sentiment d’achèvement avant de prendre une nouvelle direction. On a tous vu des images du bal de promo et de la cérémonie de graduation avec la fameuse toge et le chapeau à ruban. En fait, tout commence dès le début d’année, avec la prise de photos officielles en toge qui seront affichées dans le year book et les couloirs de l’école, puis toutes les soirées et activités organisées tout au long de l’année par le comité des grads, puis le choix de la robe pour les filles, qui commence très tôt, voir l’année précédente, les invitations des garçons, des invitations parfois faites devant toute une classe ou des spectateurs lors de matchs sportifs, le bal en lui-même, qui a lieu dans un hôtel chic ou l’école, métamorphosés pour l’occasion, la cérémonie de remises de diplômes fin juin avec les parents, puis les repas de famille, bref de quoi occuper les parents, les jeunes et… les commerçants pendant plus de 6 mois ! Je ne connais pas le budget exact par famille, mais de quoi donner le vertige, j’imagine, quand en plus on connait les frais d’études qui vont suivre !
Eva avait pu suivre quelques copines en janvier, parties à la recherche de LA robe, prix moyen 500$! Auxquels il faut ajouter les accessoires, la coiffure, le maquillage, les rendez-vous se prennent des mois à l’avance, la location de la limousine ou de la voiture qui les conduira au bal, les photos, les cadeaux. Un vrai business!
Ma collègue m’ a raconté que dans mon école rurale, le bal de promo se passe dans la cafétaria, un tapis rouge est déroulé, les parents attendent tous devant l’entrée que chaque élève arrive avec son cavalier dans une limousine, une décapotable et pour certains un tracteur…mais ça c’est au fond de la campagne canadienne!

